On trouve dans Alphonse Karr (Les Guêpes, t. II, p. 68; octobre 1840; M. Lévy, 1883) le mot restaurant dans le sens de restaurateur: «Le restaurant de la prison est un homme fort zélé...» De même, jadis, le mot roman a été employé dans le sens de romancier. «Vous voyez ici les romans, qui sont des espèces de poètes, et qui outrent également le langage de l’esprit et celui du cœur.» (Montesquieu, Lettres persanes, 137, t. II, p. 105 et 165; édit. André Lefèvre.)
Je cueille dans Les Guêpes (t. II, p. 287; juin 1841) cette anecdote:
«Cela me rappelle un pauvre diable que l’on mit une fois en route pour l’Italie. — Après lui avoir persuadé que la végétation était, sur cette terre bénie, toute différente de ce qu’elle est dans les autres pays, que les arbres y produisent naturellement une foule d’objets qui ne naissent en France qu’à force de travail et de main-d’œuvre: «Tu y verras, lui disait-on, — le saucissonnier, c’est-à-dire l’arbre qui produit des saucissons, — la variété à l’ail est fort rare; — tu y verras le bretellier, c’est-à-dire l’arbre à bretelles: elles sont mûres vers la fin de septembre; — tu m’en rapporteras une paire; — mais ne va pas prendre des bretelles sauvages qui ne durent rien». — Toujours est-il qu’il en devint fou.»
Et, encore dans Les Guêpes (t. VI, p. 269, mai 1848), cette phrase drolatique: «Non seulement ce parti (le parti républicain) a commis d’intolérables excès, mais encore il a ouvert la porte à sa queue, qu’il a en vain essayé de rompre, — mais cette queue, comme celle du serpent, se réunit au corps malgré lui ou veut le percer comme celle du scorpion; — elle professe le pillage et prône la guillotine; — » etc.
«Un dimanche d’automne, j’étais en chasse avec un de mes amis», écrit, dans Le Diable boiteux au village (p. 165; Librairie nouvelle, 1860), le romancier Galoppe d’Onquaire (1810-1867), un fin et spirituel lettré, qui a eu son temps de vogue.
Cette locution, qui n’a d’ailleurs rien d’incorrect, se retrouve dans La Louve (Prologue, IV), de Paul Féval (1817-1887); — dans La Fiammina (I, 2) de Mario Uchard (1824-1893); — dans la nouvelle Hautot père et fils de Guy de Maupassant (1850-1893) (dans le volume intitulé La Main gauche, p. 68); — dans Chante-Pleure (p. 142), d’Émile Pouvillon (1840-1906): «Roger était en chasse depuis le matin; Mademoiselle à son piano...»; — etc.
Tout comme Alexandre Dumas père dans Ange Pitou, et Amédée Achard dans Belle-Rose, que nous verrons tout à l’heure, Jules Sandeau (1811-1883), dans son roman Catherine (M. Lévy, 1859), se plaît à comparer ses personnages à tel ou tel animal:
«Catherine bondit sur sa chaise comme un faon sur les vertes pelouses.» (Page 15.)
«La petite fée se prit à bondir comme un chevreau.» (Page 33.)
«Claude gémissait comme un hibou dans son trou solitaire.» (Page 85.)