«Voyez, mère de Dieu, j’assiste aux funérailles de mon cœur; je suis pleine d’angoisse, et mon âme crie vers vous dans cette solitude où je pleure. Qu’il soit heureux, sainte mère du Christ, et qu’elle soit heureuse, lui comme elle, elle comme lui, unis tous deux dans ma prière; elle est honnête, pure et radieuse comme l’un de vos anges...» (Page 293.)

Etc., etc.

Eugène Fromentin (1820-1876), l’auteur de ce gracieux roman, Dominique, qui conserve toujours ses fidèles et ses admirateurs, n’aime pas la précision et pousse la discrétion jusqu’à l’énigme et à l’obscur.

«Elle quitta Paris pour aller à des bains d’Allemagne.» (Dominique, p. 263; Hachette, 1863.) Quels bains?

«Il habitait une maison isolée sur la limite d’un village.» (Page 286.) Quel village?

«... Hier, en me montrant dans un lieu public...» (Page 293.) Quel lieu public?

Cette extrême réserve a parfois de curieuses conséquences.

«Je vais ce soir au théâtre,» dit, au chapitre 15 (p. 309), Madeleine à Dominique, toujours sans préciser ni nommer le théâtre. Néanmoins nous voyons, «à huit heures et demie, Dominique entrer dans sa loge», etc.; mais il oublie de nous apprendre comment il a deviné le nom de ce théâtre.

D’Eugène Fromentin encore cette amusante phrase: «Menant son équipage d’une main, de l’autre il fumait une cigarette...» (Une Année dans le Sahel, p. 41; Plon, 1859.)

D’Octave Feuillet (1821-1890): «Sibylle, jouant de la harpe, était généralement adorable... Le mot ange venait aux lèvres en la regardant.» (Sibylle, p. 146; M. Lévy, 1863.)