«... Dégagée de toute préoccupation qui eût pu jeter de l’ombre sur son plaisir, chaussant pour la dernière fois le soulier des promenades buissonnières, elle comptait courir d’un pied libre et léger à ce dernier rendez-vous donné par elle-même à son insouciance enfantine, qui avait si peu duré, que son dernier jouet avait été brisé tout neuf sous le pied du malheur, quand il avait renversé la fortune paternelle. Jetant aux buissons de la route les façons d’être un peu sérieuses, qui raidissent les attitudes, immobilisent le visage, règlent la voix dans le registre d’une gamme monotone, et sont pour ainsi dire le costume moral de sa profession, elle espérait retrouver, débarrassée de cette défroque du pédantisme scolaire, cette pétulance, cette vivacité qui faisait d’elle», etc. (Les Buveurs d’eau, p. 203; M. Lévy, 1857.)
«C’est qu’il est telles discussions où la colère arme la bouche de mots qui font balle, et que toute balle fait trou.» (Ibid., p. 276.)
«Un langage onctueux et parfumé comme un sirop de fleurs de rhétorique.» (Les Vacances de Camille, p. 27; M. Lévy, 1859.)
Pour dire qu’à Londres les bars ou cabarets ne sont pas fréquents: «On est quelquefois obligé de marcher pendant une heure avant de rencontrer un endroit où l’on puisse se livrer tranquillement à l’antithèse de la soif.» (Propos de ville et propos de théâtre, Notes de voyage, p. 229; M. Lévy, 1858.)
«La plus belle attitude d’une créature dans l’humanité est celle de l’homme qui se penche sur son œuvre pour rester debout devant lui-même.» (Henry Murger, dans Poitevin, La Grammaire, les Écrivains et les Typographes, p. 221.) Cette phrase se trouve dans Le Sabot rouge de Murger (p. 46; C. Lévy, s. d.), mais corrigée: le dernier membre de phrase a été supprimé.
«Il faut mettre une rallonge à la patience et une à tes robes, quand elles seront usées; car l’horizon est d’un noir à faire de l’encre avec.» (Henry Murger, dans Poitevin, ibid., p. 225.)
A propos de Murger, n’oublions pas cette comique révélation de son historiographe et ami Schaunard (Alexandre Schanne, Souvenirs de Schaunard, p. 175; Charpentier, 1887): «Banville et Murger ont vu Mimi avec les yeux de l’artiste. La vérité est que, sans s’être trompés d’une façon absolue, ils ne l’ont aperçue qu’au travers d’une lorgnette trempée dans l’eau de jouvence.»
VI
Gustave Flaubert. Ses erreurs, barbarismes et solécismes. — Jules et Edmond de Goncourt. Drôleries et mots tronqués. Abus du verbe mettre. — Alphonse Daudet. — Émile Zola. — J.-K. Huysmans. La musique des liqueurs. Encore l’abus du verbe mettre.