Voici quelques exemples à l’appui de ces assertions:

Flaubert confond sans cesse de suite avec tout de suite: «Il eut un tel regard qu’elle s’empourpra, comme à la sensation d’une caresse brutale; mais de suite, en s’éventant avec son mouchoir: «Vous avez manqué le coche...» (Bouvard et Pécuchet, 1re édition, p. 368, et passim.) «Réponds-moi de suite...» (pour immédiatement, tout de suite) (Correspondance, t. I, p. 108.) «Tu vas avoir de suite plus de lecteurs que tu n’en aurais eu...» (Ibid., t. II, p. 170.) Etc.

Il évite quelque chose à quelqu’un, au lieu de le lui épargner, ou de le lui faire éviter: «Pour lui éviter du mal, il se levait de bonne heure...» (Bouvard et Pécuchet, p. 237.) «Vous m’éviterez une course.» (Correspondance, t. IV, p. 214.) Etc.

Il se rappelle d’une chose, il s’en rappelle, au lieu de se la rappeler: «La première lecture n’est pas si loin qu’ils ne s’en soient rappelés.» (Correspondance, t. II, p. 236.) «Remercie de ma part Mme Robert qui a bien voulu se rappeler de moi.» (Lettres à sa nièce Caroline, p. 2.) Etc.

Il cause à quelqu’un, au lieu de causer avec lui: «On trouve toujours dans cette ville-là des gens à qui causer.» (Correspondance, t. III, p. 193.) «Je n’aurais plus personne à qui causer.» (Lettres à sa nièce Caroline, p. 359.) Etc.

Il se dispute avec quelqu’un, au lieu de disputer (sans pronom) avec lui, de se quereller avec lui («Se disputer, dans le sens d’avoir une querelle, locution qui n’a en sa faveur ni la grammaire ni l’autorité des écrivains»: Littré, art. Disputer, Rem.): «Il vit Arnoux qui se disputait...» (L’Éducation sentimentale, p. 29; Charpentier, 1880.) «C’était le chevalier et le postillon qui se disputaient.» (Ibid., p. 153.) «... à me disputer avec mes éditeurs.» (Correspondance, t. I, p. 101.) Etc.

Il observe quelque chose à quelqu’un, au lieu de le lui faire observer: «Il est possible, comme tu me l’observes, que je lise trop...» (Correspondance, t. I, p. 170.)

Ne soupçonnant pas qu’invectiver est un verbe neutre, il écrit toujours: invectiver quelqu’un, au lieu d’invectiver contre ce quelqu’un: «Il invectivait Charles Ier.» (L’Éducation sentimentale, p. 214.) «Sa femme l’invectivait.» (Ibid., p. 401.) «Il ne pouvait se retenir de les invectiver.» (Ibid., p. 411.) Etc.

Toujours aussi il écrit: nous nous sommes en allés, au lieu de: nous nous en sommes allés (de même qu’on dit: nous nous en sommes flattés, nous nous en sommes vantés, — et non en flattés, en vantés): «Nous nous sommes en allés.» (Correspondance, t. I, p. 85.) «Il s’est en allé tranquillement.» (Ibid., t. I, p. 308.) «Avec Louis-Philippe s’est en allé quelque chose qui ne reviendra pas.» (Ibid., t. II, p. 12.) Etc.

Il donne à la locution prépositive à l’encontre de, qui signifie en s’opposant à, à l’opposite de, en face de, etc. (Cf. Littré), le sens, qu’elle n’a jamais eu, de relativement à, à propos de: «Il avait des remords à l’encontre du jardin.» (Bouvard et Pécuchet, p. 37.)