Se nourrira d’un bras et combattra de l’autre.

«Quel est le sens de ces deux vers? se demande Laharpe (Ouvrage cité, t. II, p. 272). Junie veut-elle dire que les Romains mangeront et combattront en même temps, ou bien qu’ils mangeront un de leurs bras et combattront avec l’autre? Les vers ont également ces deux sens, et sont très mauvais dans tous les deux.»

Afin de respecter l’unité de lieu, un auteur du dix-septième siècle, Jean Claveret (1590-1666), s’avisa du stratagème suivant. Dans sa tragédie Le Ravissement (l’Enlèvement) de Proserpine, où la scène est tour à tour au Ciel, en Sicile et aux Enfers, il dit que «le lecteur peut se représenter une certaine unité de lieu, en la concevant comme une ligne perpendiculaire du Ciel aux Enfers; bien entendu que cette verticale doit passer par la Sicile». Les trois «théâtres de l’action», Ciel, Sicile et Enfers, se trouvent ainsi situés dans le même plan, le même «lieu». (Cf. Sainte-Beuve, Tableau de la Poésie française au seizième siècle, p. 253; Charpentier, 1869.)

Plus tard, Rivarol (1753-1801) réduisit la tragédie à la simple position et solution de cette question: Mourra-t-il ou ne mourra-t-il pas? Question qui fluctue ainsi:

1er acte: il mourra.

2e acte: il ne mourra pas.

3e acte: il mourra.

4e acte: il ne mourra pas.

5e acte: il mourra.

(Cf. Staaff, La Littérature française, t. III, p. 1243.)