Napoléon était aussi d’avis que le cinquième acte d’une tragédie devait se terminer par la mort du héros. «Il faut que le héros meure! Tuez-le!» C’est le conseil qu’il donnait à A.-V. Arnault, pour sa tragédie Les Vénitiens. Le héros, Montcassin, fut donc mis à mort par ordre de l’empereur, mais la tragédie n’en valut ni plus ni moins. (Cf. Staaff, ibid., t. II, p. 386, note 1.)

A propos de la tragédie, rappelons le mot de Crébillon père relativement à son goût pour le genre terrible: «Je n’ai pas eu le choix; Corneille avait pris le ciel; Racine, la terre; il ne me restait plus que l’enfer». (Note du Gil Blas de Lesage, édit. Saint-Marc Girardin, p. 137; Charpentier, 1865.)

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Lorsque Racine (1639-1699), fort jeune encore, composa l’ode La Nymphe de la Seine, à l’occasion du mariage du roi, il alla consulter Chapelain, qui releva quelques fautes dans ce poème, «entre autres, celle d’avoir mis en eau douce des tritons, divinités essentiellement salées, ce qui est une énorme incongruité mythologique». (Théophile Gautier, Les Grotesques, p. 250-251; M. Lévy, 1859.)

On cite souvent ce vers étrange d’Andromaque (I, 4), où Pyrrhus emploie le mot feux dans deux acceptions toutes différentes:

Brûlé de plus de feux que je n’en allumai.

C’est-à-dire: brûlé de plus d’amour, de passion, que je n’allumai d’incendies dans les guerres que j’ai soutenues et notamment «devant Troie». Cette pointe, selon la remarque d’Émile Deschanel (Le Romantisme des classiques, Racine, t. I, p. 110), est une réminiscence du roman grec de l’évêque Héliodore, Théagène et Chariclée, que Racine adolescent s’était tant complu à lire et à relire.

D’après le poète et romancier Joseph Méry, Racine s’est servi cent soixante-cinq fois du mot œil ou yeux dans cette tragédie d’Andromaque. «Vous pouvez les compter,» ajoute-t-il, (La Croix de Berny, lettre XXII, p. 219; Librairie nouvelle, 1859; où Méry se cache sous le pseudonyme de Roger de Monbert.)

Dans Les Plaideurs (I, 6), nous trouvons cet enjambement, dont plus tard les romantiques pourront s’autoriser:

Mais j’aperçois venir madame la comtesse