A la pâte de bois nombre d'ingrédients sont ajoutés, selon la qualité et la sorte de papier qu'on veut obtenir: gélatine, résine, fécule, alun, kaolin, sulfate de chaux, etc.; on y ajoute même des chiffons.
Le kaolin et le sulfate de chaux ont pour but de donner plus de poids, plus de charge au papier.
La gélatine, la résine, la fécule et l'alun servent à le coller.
Le collage s'opère aussi à l'aide d'une sorte de savon résineux, préparé par la fusion de la résine avec du carbonate de soude; l'addition d'un peu d'alun dans la cuve ou pile précipite un composé résineux d'alumine, qui agglutine les fibres du papier, reconstitue ainsi l'adhérence primitive et naturelle existant entre les fibres végétales avant leur transformation en pâte, et permet d'écrire sur ce papier avec de l'encre ordinaire[137].
Le papier collé est donc celui qui ne boit pas l'encre ordinaire, et le papier non collé, celui qui boit cette encre: les papiers buvards et brouillards[138], ainsi que les papiers à filtrer, sont des papiers non collés.
Lorsqu'on veut écrire sur du papier non collé, mettre, par exemple, une dédicace sur le faux titre d'un livre imprimé sur du papier de ce genre, il suffit de déposer à l'endroit où l'inscription doit être faite un peu de sandaraque, qu'on étend en frottant avec le doigt: la sandaraque, qui n'est qu'une variété de résine, colle l'endroit frotté, en obstrue les pores, et empêche l'encre ordinaire d'y pénétrer trop profondément et de s'y étaler trop largement.
Le papier collé prend aussi moins bien, et par la même raison, l'encre d'imprimerie, mais il a plus de solidité et de résistance que le papier non collé. Il est aussi moins susceptible de se piquer, de s'altérer dans un air humide.
Le papier non collé a ses partisans: aux yeux de certains, l'impression, plus pénétrante, plus onctueuse, y a meilleur aspect, surtout quand l'ouvrage est accompagné d'illustrations. Pour essayer de contenter tout le monde, les fabricants ont adopté un moyen terme et créé le demi-collé.
Les papiers se lissent, se glacent et se satinent à l'aide de feuilles de carton ou de feuilles métalliques (acier, zinc ou cuivre) et de presses et de cylindres appelés, selon leur forme, laminoirs ou calandres[139].
Le papier couché est un papier, d'ordinaire très glacé[140], qui s'obtient en recouvrant une feuille de papier bien collé d'une couche de colle de peau et de blanc de Meudon mélangés. On y ajoute aussi du blanc de zinc, du sulfate de baryte, du talc, du chlorure de magnésium, etc.[141] Le papier couché est surtout employé pour le tirage des photogravures, des gravures en couleurs et des publications ornées de ce genre de vignettes.