[5] Gabriel Naudé, Advis pour dresser une bibliothèque, p. xv.
[6] Selon les Règles typographiques de la librairie Hachette (pp. 1, 22 et 50), nous écrivons «Chapitre I», comme on écrit «Chapitre II, III, IV,» etc., et non «Chapitre premier», forme employée par la plupart des imprimeurs. Autant que possible, nous suivrons d'ailleurs, dans le cours du présent livre, la marche (c'est-à-dire l'ensemble des règles typographiques) de la librairie Hachette, qui est aussi la marche adoptée par l'imprimerie Lahure. Quantité de ces règles sont non seulement très minutieuses, mais aussi très variables et sujettes à caution et à discussions. Sans parler de la ponctuation, l'emploi des lettres majuscules et des caractères italiques donne lieu notamment à des incertitudes et des tâtonnements continuels. Écrira-t-on: Ministère de l'Intérieur, ou Ministère de l'intérieur, ou ministère de l'Intérieur, ou ministère de l'intérieur? Bibliothèque Nationale, ou Bibliothèque nationale, ou bibliothèque nationale? L'architecture du Moyen Age, ou du moyen âge? De même, à quels mots mettra-t-on des majuscules dans: le Traité des études de Rollin, la Nouvelle Héloïse de Rousseau, les Précieuses ridicules de Molière, De l'esprit des lois de Montesquieu? Les titres des livres, journaux, etc., devant toujours être composés en italique (caractères penchés) lorsque le texte est en romain (caractères droits, analogues à ceux-ci), nous avons le choix entre: Je lis le Temps, Je lis le Temps, et Je lis Le Temps. Cette dernière marche, très justifiable, puisqu'elle reproduit le titre exact du journal, est suivie par de bonnes imprimeries et d'excellentes publications, comme la Revue universelle, que dirige avec tant de compétence et de goût M. Georges Moreau. La seconde marche: Je lis le Temps, conserve l'italique au titre entier, mais met une minuscule à l'article, ce titre se trouvant compris dans le texte, et la majuscule à l'article n'étant de règle qu'au début de la phrase. C'est la marche que nous adoptons, tout en reconnaissant que la précédente est tout aussi défendable et satisfaisante. Quant à la première: Je lis le Temps, elle a encore des partisans; ils considèrent ici l'article, non comme appartenant au titre du journal, mais «comme partie intégrante de la phrase, et il est évident alors qu'il faut l'exprimer comme elle, c'est-à-dire en romain,» selon le conseil de Daupeley-Gouverneur, dans son manuel le Compositeur et le Correcteur typographes, p. 119. Au début d'un ouvrage concernant «le Livre», ces courtes observations typographiques ne paraîtront sans doute pas inopportunes. (Outre les deux sources citées ci-dessus, voir sur ces questions: Auguste Tassis, Guide du correcteur, passim;—Émile Leclerc, Typographie (Manuels Roret), chap. V, pp. 111-198;—E. Desormes, Notions de typographie à l'usage des écoles professionnelles: Lecture des épreuves, pp. 280-321;—etc.)
[7] Osymandias. Cf. Diodore de Sicile, Biblioth. histor., I, 49; et Bossuet, Discours sur l'hist. univers., III, 3. Dans le texte de Diodore, il y a simplement ἰατρεῖον, officine médicinale.
[8] Et combien de livres sont «journaux» en ce point! Mais ici la rapidité et la négligence ne sont pas essentielles à l'œuvre, elles ne proviennent que du fait de l'auteur; tandis que le journal, pressé par l'actualité, aiguillonné par la concurrence, est tenu de se hâter avant tout.
[9] Théophile Gautier, Mademoiselle de Maupin, préface, p. 34. (Paris, Charpentier, 1866.)
[10] «Aimer à lire, c'est faire un échange des heures d'ennui que l'on doit avoir en sa vie contre des heures délicieuses.» (Montesquieu, Pensées diverses, Variétés.—Œuv. compl., t. II, p. 431. Paris, Hachette, 1866. 3 vol. in-18.)
[11] Le mot est de Gilles Ménage. Cf. Octave Uzanne, Du prêt des livres, in Miscellanées bibliogr., t. I. p. 35.
[12] Cf. Bollioud-Mermet, Essai sur la lecture et De la bibliomanie;—Gabriel Peignot, Œuv., passim, et notamment Manuel du biblioph., Discours prélimin.;—Jules Janin, l'Amour des livres (plaq. de 61 pp.) et le Livre;—Jean Darche, Essai sur la lecture;—Mouravit, le Livre;—B.-H. Gausseron, Bouquiniana, notes et notules d'un bibliologue, ouvrage destiné à «tous les amants du livre, curieux des opinions et des impressions de ceux qui l'ont aimé avant eux» (p. 6), où l'auteur a réuni, comme nous allons le faire, un grand nombre de maximes et pensées sur les livres et la lecture. M. Gausseron a glané de préférence parmi les écrivains anglais.—Etc., etc.
[13] «Hæc studia adolescentiam alunt, senectutem oblectant, secundas res ornant, adversis perfugium ac solatium præbent, delectant domi, non impediunt foris, pernoctant nobiscum, peregrinantur, rusticantur.» (Cicéron, Pro Archia, VII.) C'est encore Cicéron qui a dit (Ad Famil. [Varroni], IX, 4): «Si hortum in bibliotheca habes, deerit nihil.» M. Octave Uzanne (Nos amis les livres, p. 268) a délicatement commenté cette sentence: «Seigneur, s'écriait un ancien, accordez-moi une maison pleine de livres, un jardin plein de fleurs!» Il semble que dans cette prière soit contenue toute la quintessence de la sagesse humaine: les fleurs et les livres masquent les tristesses de cette vie, et nous font aller en souriant, l'œil égayé, l'esprit bienheuré, jusqu'au jour de la grande échéance définitive, au vrai quart d'heure de Rabelais.»
[14] Sénèque, Lettres à Lucilius, 82.—Pour abréger, je m'abstiens de citer le texte original, mais en maintenant l'indication de la source, qui permet de s'y référer sans difficulté.