Que cet espoir nous soit permis.

III. Des Médiums

Nous ne pouvons terminer ce que nous avions à dire des Phénomènes occultes, c'est-à-dire des Phénomènes dus, selon toute probabilité, à une faculté encore mystérieuse de l'organisme, sans dire un mot des sujets qui présentent un développement plus ou moins remarquable de cette faculté.

Or, malgré l'importance évidente d'une pareille étude pour la solution des divers problèmes que nous venons de passer en revue, il semble que, jusqu'ici, elle ait été un peu négligée; on s'est attaché surtout à la constatation aussi exacte que possible des faits—ce qui était rationnel, du reste—et l'on s'est contenté d'observations plus ou moins superficielles sur les états somatiques et psychiques des sujets qui les produisaient. Il en résulte que le «type» du médium reste encore à établir.

Mais d'abord, il conviendrait de préciser où commence et où finit la véritable médiumnité.

A notre sens, on a trop souvent donné ce titre de «médium» à des personnes qui rentrent simplement dans la catégorie des sujets hypnotiques: tels sont les médiums à incarnations, à écriture directe, etc. Nous ne nions pas absolument que les phénomènes qu'ils produisent puissent reconnaître d'autres causes, plus ou moins occultes; mais comme, par l'automatisme psychologique, la dualité cérébrale, les variations de la personnalité, on les interprète d'une façon satisfaisante, même dans les cas les plus compliqués, nous estimons que, dans le doute, on doit refuser à de tels sujets le don de la véritable médiumnité.

Qu'est-ce donc qui caractérise le médium authentique? C'est, suivant nous, la possession de ce «quelque chose de particulier» comme dit Croockes, de cette force spéciale, encore si mal connue, que la Science nomme Force psychique et qui produit des phénomènes absolument distincts de ceux de l'Hypnotisme: mouvements d'objets sans contact, matérialisations, etc.

Tel est pour nous le seul Médium.

Est-ce à dire qu'il n'existe aucun point de ressemblance entre lui et le sujet, aucun rapport entre les phénomènes de l'Hypnotisme et ceux de la Médiumnité transcendante?

Nous ne le pensons pas, et, pour ne citer qu'un fait, nous rappellerons que si les grands médiums produisent certains de leurs «prodiges» à l'état de veille, la production de certains autres exige qu'ils soient tantôt en léthargie, tantôt en somnambulisme, ou tout au moins dans un état particulier encore mal défini, et qui paraît être intermédiaire à la veille et au sommeil: l'état de transe, comme on dit entre Spirites. Mais ici, plus que partout ailleurs, il faut se méfier des analogies apparentes, et ce simple fait ne saurait suffire à établir entre le sujet et le médium une tendance à la similitude, tendance que nous soupçonnons depuis longtemps, sans que nous ayons encore pu, faute de posséder de réels médiums, la vérifier d'une façon certaine.