Maintenant, je dois dire que ni M. Balle, ni moi, ne savions rien de Mrs. Suhr. Nous ne l'avions jamais vue; aucun de nous n'était jamais allé à Roskilde, et nous ne connaissions pas le nom des rues de cette ville. Il me semble donc que, dans ce cas, il ne pouvait y avoir de télépathie, attendu que le clairvoyant ne pouvait lire une adresse dont nous n'avions aucune idée, et qui n'avait vraisemblablement pu entrer dans son cerveau par un souvenir inconscient. J'ai considéré le cas à tous les points de vue possibles, et il me semble que la découverte de la ville et de l'adresse sont de la clairvoyance pure, tandis que, à partir du moment où le clairvoyant est entré dans la chambre de Mrs. Suhr, il semble avoir lu dans sa pensée.

Carl. Hansen.

Le clairvoyant a mentionné, dans ce cas, dit Mme Sidgwick, trois faits déterminés, inconnus à tous ceux qui étaient présents et qu'il n'était guère probable de deviner: la rue dans laquelle habitait Mrs. Suhr, l'endroit où était le serin et l'absence des enfants. Et le dernier cas, tel qu'il est décrit, ressemble plus à de la clairvoyance indépendante qu'à aucune sorte de lecture de la pensée, car, si M. Balle avait reçu son information de l'esprit d'une personne de Slora Guothaab, on supposera qu'il aurait dit immédiatement: «Les autres enfants ne sont pas là!», au lieu de les chercher mentalement dans la maison sans les trouver.

Nous pourrions, maintenant, donner plusieurs belles histoires où des somnambules lucides font des prodiges; cela nous serait aisé, car ces histoires sont nombreuses... Nous préférons nous en tenir aux quelques observations que nous venons de rapporter: si elles manquent de pittoresque et d'intérêt émotionnel, elles ont, en revanche, de sérieuses garanties d'exactitude: cela suffit pour le but que nous nous proposons.

TROISIÈME GENRE
Pressentiment

Que devons-nous entendre, en Psychologie occulte, par Pressentiment?

Suivant la définition de M. Richet, «c'est la prédiction d'un événement plus ou moins improbable qui se réalisera dans quelque temps et qu'aucun des faits actuels ne permet de prévoir.»

On le voit, il ne s'agit plus ici de ces sensations internes, plus ou moins vagues, que l'on désigne vulgairement sous le nom de pressentiments.

C'est, au contraire, le sentiment très net, quelquefois la vision mentale d'un événement que le sujet affirme devoir se produire dans un avenir plus ou moins lointain. Ces pressentiments se manifestent, soit dans le sommeil somnambulique, soit, sous forme de rêves, dans le sommeil ordinaire. Ce sont alors des rêves véridiques, se produisant avant l'événement.