Quatre ou cinq ans se passèrent encore.

Le jour de Marengo, Ouvrard reçut une dépêche apportée par son courrier, qui annonçait la perte de la bataille.

Aussitôt la Rente baissa de cinq francs.

Grégoire se mit à la hausse et acheta tout ce qu'on lui proposa.

Le soir, il avait triplé sa fortune.

Sous la Restauration, il passa en Suisse, d'où il ne revint qu'en 1829.

Sa fille était le seul être qu'aimât ce vieillard égoïste. Il résumait en elle toutes ses joies; mais la tendresse qu'elle lui inspirait ne l'empêchait pas de maintenir son principe d'autorité.

Fernande avait été habituée à obéir toujours. Grégoire aimait à ce que ses ordres fussent respectés.

Le lecteur connaissant le caractère du vieux régicide, comprendra quelle émotion dut agiter le cœur de la jeune fille, quand elle entendit son père lui annoncer qu'il avait disposé de sa main.

N'ayant aucun parti en vue, il l'eût laissée libre d'épouser M. de
Kardigân; mais consentirait-il à abandonner ses projets?