—Mourir!

—Je mourrais si j'étais à un autre que celui que j'ai choisi…

—Des phrases! répéta M. Grégoire dont la colère grandissait à mesure, et pas autre chose.

—Ah! vous êtes cruel.

—Assez! Cette comédie a trop duré. Je veux que vous épousiez M. Robert
Français. Vous l'épouserez!

Fernande avait espéré toucher cet homme implacable, bien qu'elle connût la dureté de sa volonté.

Mais elle comptait à tort sur sa tendresse paternelle. Cette tendresse, bien que réelle, ne pouvait pas arracher M. Grégoire à ses projets.

Puis il ne croyait pas aux sentiments uniques et invincibles.

Fernande aimerait son mari après le mariage, au lieu de l'aimer avant. Voilà tout. Mais quand la jeune fille vit que ses prières n'étaient de rien, et que son père se refusait à les écouter, elle se reprit à son amour, comme un homme qui se noie à une branche d'arbre, pour retrouver l'énergie suffisante à la lutte:

—Mon père, vous vous trompez, si vous me croyez faible. Dieu m'est témoin que j'eusse été heureuse d'être toujours pour vous une fille docile. Mais vous voulez me tuer! J'aime un galant homme. Quelques instants avant que vous vinssiez ici, j'ai laissé tomber une main dans la sienne, en me fiançant à lui. C'est l'époux que je me suis choisi; c'est le seul que j'aurai.