En même temps que M. Pierre Prémontré mettait en branle le tocsin de l'église Saint-Laurent, on lançait la fusée.

Quand nous montons à bord du Carlo-Alberto, Madame et son escorte avaient vu la fusée et attendaient qu'une barque préparée à cet effet vînt les chercher.

La nuit était noire et la mer soulevée, nous le savons.

Il fallut à la barque deux heures pour lutter contre les vagues, et toucher au navire.

Après de grandes difficultés, Madame put descendre du Carlo-Alberto dans l'esquif; il fallut encore deux heures pour atterrir.

Une cabane de pêcheurs servit d'asile cette nuit-là à celle qui avait vu l'Europe, la France et Paris à ses pieds.

Quand elle se trouva dans cette masure, fouettée par le vent de la mer, seule, en face de sa destinée, en face de ce royaume qu'elle venait reconquérir, elle dut réfléchir longuement sur le néant des choses humaines.

Marie-Thérèse, vaincue et fuyant, sa fille entre les bras, dut penser ainsi, avant qu'elle entendît ses fidèles Maggyars s'écrier en la saluant:

Moriamur pro rege nostro, Marià Theresà.

Madame ne put dormir.