Le combat se continua ainsi, en tirailleurs de part et d'autre, les chouans avançant et les lignards reculant toujours.

Au milieu du village de Bersaunes, les deux corps se réunirent.

Henry était noir de poudre; ses vêtements déchirés comme ceux de Jean-Nu-Pieds montraient que lui aussi savait aussi bien se battre que commander.

Quant à Aubin Ploguen, chacun de ses coups abattait un homme.

—Allons! la partie est gagnée, pensa-t-il, en voyant que le mouvement de retraite des bleus continuait à s'effectuer.

La Pâlotte, Pinson, et Jacqueline ne chômaient pas.

Hélas! les blessés tombaient, les hommes mouraient!

C'était merveille de les voir tous les trois allant relever, panser, transporter en lieu sur ceux qui restaient en chemin.

Tout à coup, après une décharge furieuse des bleus, Pinson jeta un grand cri. Jean-Nu-Pieds venait de tomber. Il s'élança. Le jeune chef avait eu son cheval tué, et sa jambe était prise sous la selle. Pinson l'aida à se dégager.

—Merci!… balbutia Jean.