Elle voulut courir et prit à travers champs: le cavalier la suivit.
Alors, sa peur d'un instant déraisonnée devint une terreur réelle.

Elle s'élança, franchissant les taillis et se déchirant les pieds aux racines de bruyères éparses dans la lande.

Le cavalier prit le galop de chasse pour se maintenir toujours à la même distance d'elle.

Puis, à dix mètres environ d'un bouquet de peupliers, derrière lesquels elle espérait pouvoir se cacher, le cavalier donna de l'éperon à son cheval, qui bondit.

Arrivé près de Pinson, il se pencha, la saisit à la taille et l'enleva sur son cheval.

Fernande poussa un cri terrible, cri d'angoisse et de désespoir.

L'inconnu voulut essayer de lui mettre sa main sur la bouche, mais elle se débattit et appela:

—Aubin!… mon Aubin, au secours! au secours!

L'inconnu avait lancé son cheval dans la direction de Bersaunes. Il devait croire que les chouans, la bataille perdue, avaient regagné leurs retraites cachées.

Le cheval galopait furieusement, franchissant par bonds terribles les quartiers de rochers. Fernande, affolée, essayait d'appeler, mais la main nerveuse du ravisseur étouffait désormais ses cris.