La bataille s'ouvrit par une décharge générale des chouans, qui coucha par terre le premier rang ennemi. Alors ils levèrent leurs fusils au-dessus de leur tête, en poussant de grands cris, et se précipitèrent en avant…

M. de Charette avait combiné un double mouvement qui, de l'aveu de ses adversaires eux-mêmes, devait lui assurer le triomphe. Il n'y a qu'à lire le rapport du général Dermoncourt et celui du général Solignac pour s'en convaincre. Au reste, dans cette famille, le génie militaire est héréditaire.

Pendant qu'une partie des troupes devait s'élancer en avant, de manière à former un angle rentrant dans la direction de Vieillevigne, la droite avait l'ordre de s'étendre, en sorte qu'elle pût tendre la main aux troupes fraîches amenées de Machecoul par nos héros.

Pendant les deux premières heures, les chouans furent battus. Que pouvaient-ils contre l'artillerie?

Jean-Nu-Pieds, par son arrivée, ne pouvait changer la défaite en victoire.

Mais à mesure que le temps passait, les bleus voyaient leurs réserves s'augmenter.

C'était la lutte du nombre contre le courage, de la force brutale contre la pensée.

Est-il besoin de parler encore des prodiges d'héroïsme accomplis par les chouans?

Nous raconterons tout à l'heure la page épique de cette guerre qu'on croirait écrite par Homère.

Mais nous avons décrit le combat de Château-Thibaut.