A Vieillevigne ce fut le même entrain, la même valeur, le même mépris souverain de la mort, ce caractère dominant de la race française.
A une heure de l'après-midi, la bataille était perdue. On ne devait plus songer à vaincre, mais à couvrir la retraite.
Pâle, pleine d'angoisse, les dents serrées, Madame se tenait debout, regardant.
Tout à coup, elle s'écria:
—Un cheval! un cheval!
Elle poussait dans sa grandeur ce même cri désespéré que Richard III jetait à Bosworth dans son désespoir.
En vain essaya-t-on de l'empêcher de courir au danger: le danger plaisait à cette frêle femme, en qui battait le cœur d'un lion. Elle répéta: Un cheval! un cheval!
La tradition est là; le roman devient de l'histoire quand il parle de certains faits.
Madame conduisit Petit-Pierre à la mort avec cette âpre énergie dont elle ne cessa de faire preuve tout le temps que durèrent ces graves événements.
Il nous reste encore des témoins vivants. Ces témoins l'ont vue, lancée en avant, sans armes, entraînant sur ses pas, par son exemple, ceux qui pliaient, ramenant ceux qui avaient reculé.