Mais Fernande n'écoutait plus.

Sans s'occuper du plus ou moins de convenance de ce qu'elle faisait, elle déchira la manche de l'uniforme, après l'avoir entamée avec des ciseaux.

Ce n'était qu'une égratignure.

Une pointe de baïonnette avait percé le gras du bras de deux centimètres.

Le sang coulait un peu.

Elle ouvrit son armoire, et prit deux mouchoirs. Puis elle lava la blessure avec un mélange d'eau et d'arnica.

Jean la regardait, et une émotion charmante s'emparait de lui.

Il admirait l'élégance innée, la beauté souveraine de cette jeune fille qui entrait si brusquement dans sa vie.

Mais il ne voulut rien laisser voir de ce qu'il ressentait. Il eût considéré comme une infamie de troubler ce jeune cœur. Rougissante, elle attacha la compresse improvisée sur le bras du baron. Puis, quand le pansement fut terminé, elle s'éloigna instinctivement de quelques pas.

—Je vous quitte, monsieur, dit-elle. Sur votre âme, ne parlez pas et ne bougez pas…