Philippe avait consenti à perdre son nom, mais il ne consentait pas à perdre l'affection du vieillard. Il suppliait Jean d'obtenir son pardon, d'implorer pour lui.

Le jeune homme se sentit remué jusqu'au fond de l'âme en lisant ces lignes, où Philippe lui peignait sa souffrance.

Il entra dans la chambre de son père. M. de Kardigân, accoudé à sa table de travail, contemplait les portraits de ses deux enfants qui n'étaient plus.

Jean crut l'heure favorable.

Il s'avança près de lui.

—Vous avez à me parler, mon fils? demanda le marquis en relevant le front.

—Lisez, mon père.

M. de Kardigân prit la lettre; mais dès qu'il eut reconnu l'écriture, il la déchira et en jeta froidement les morceaux au vent.

—Père! père! il souffre et demande pardon!

—De qui me parlez-vous?