Consentir! consentir à cela qui était le rêve le plus ardent de ma vie!… Madame, je lui ai tout raconté: mon amour pour lui, que je n'avais même pas combattu tant il me paraissait loyal et profond. Pourquoi lui aurais-je menti? C'était ma joie suprême que l'aveu prononcé par ses lèvres. Je me sentais bien heureuse!…
Il me prit la main, et nous échangeâmes le serment d'être l'un à l'autre, avec la confiance de notre loyauté commune.
La princesse ne cachait pas le vif intérêt qu'elle prenait à cette naïve histoire d'amour… Oh! comme on a eu raison de le dire: L'amour est toujours banal et toujours nouveau!
—Continuez, mon enfant, dit-elle.
—Votre Altesse ne comprend pas où je veux en venir? Qu'elle me pardonne si je m'étends ainsi sur les détails de notre rencontre… Mais il me semble que je suis devant mon juge, et qu'il doit tout connaître…
Je croyais que rien ne pouvait empêcher notre bonheur, continua Fernande. Il était libre et j'avais le droit de penser que je l'étais aussi.
Son père, ses frères, sa sœur avaient succombé pour le Roi. Ma mère, à moi, était morte, et mon père m'avait toujours laissée libre de mes actions.
Je me fiançais, confiante et assurée.
Il venait à peine de me quitter que mon père parut…
O madame, à vous seule au monde je consentirai à raconter une pareille chose!… Mon père! cet homme dur, implacable, qui ne connaît d'autres règles que sa volonté, d'autres lois que son intérêt, il venait m'ordonner de me préparer à un mariage arrêté par lui. Je me débattis en vain. Sa volonté était là. Enfin…