Une ombre s'interposa entre les chouans et le faible rayon lumineux qui filtrait par l'ouverture du souterrain. C'était M. de Charette, qui, accompagné de deux Vendéens, venait d'explorer les environs. Le jour n'était pas loin. Une aube jaunâtre et triste perçait.

M. de Charette vint à Jean-Nu-Pieds:

—C'est pour aujourd'hui, lui dit-il tout bas.

—Pour aujourd'hui? Mais notre tentative ne devait s'exécuter que demain?

—Demain, ce serait impossible, ainsi que les jours suivants. Si nous ne risquons pas notre coup de main aujourd'hui, il nous faudra attendre quinze jours pour le prochain marché. Tandis que, nous mêlant à la foule des métayers et des paysans qui iront en ville vendre leurs denrées, nous sommes sûrs de n'éveiller aucun soupçon.

—Oui, vous avez raison.

—Voilà quelle serait mon idée. Nous diviserions nos deux cents hommes en huit bandes de vingt-cinq, et elles entreraient à Nantes les unes après les autres.

—Et les armes?

—Nous en avons un dépôt là-bas.

—C'est vrai.