Toute la famille attendait son chef. Quand M. de Kersaudiou entra dans la salle à manger, où elle était réunie pour le repas du soir, tout le monde se leva. Le vieillard tenait la main de Jean.

—Mes enfants, dit-il, je vous présente un des meilleurs gentilshommes de France, le fils d'un ancien ami, qui fut le mieux aimé de mes compagnons d'armes.

Le fils, le petit-fils et l'arrière-petit-fils du vieillard vinrent tour à tour tendre la main au marquis.

Celui-ci sentit les larmes monter de son cœur à ses yeux, en présence de cette majesté de la vieillesse, jointe à cette grandeur de la famille.

—Ne me demandez pas son nom, continua M. de Kersaudiou. Il s'appelle: un ami.

XXI

LA RECHERCHE

Tout ce que la délicatesse peut renfermer de procédés exquis fut prodigué au marquis de Kardigân. Au bout de dix minutes, il se sentait comme chez lui dans cette noble famille. Il ne fallait rien moins que tant d'aimable cordialité pour consoler un peu son esprit de sa constante, de sa douloureuse préoccupation. Après le repas, M. de Kersaudiou vint dire à Jean que les deux chevaux étaient sellés.

—Comment, monsieur, s'écria le jeune homme, vous allez prendre la peine de m'accompagner vous-même?

—C'est mon devoir, répliqua noblement M. de Kersaudiou. Je ne veux pas quitter un seul instant celui qui me fait l'honneur d'être mon hôte.