Il n'y avait pas, en effet, d'instruction à conduire. Henry de Puiseux avouait tout, et Robert ne niait rien. Ils reconnaissaient l'un et l'autre avoir porté les armes contre le gouvernement établi. Seulement, Robert Français, qui ne voulait pas mentir, se contentait d'approuver son compagnon. Il n'entrait dans aucun détail.

M. Fournier quitta les deux amis, en leur disant que la première séance du conseil de guerre aurait lieu sans doute le lendemain.

La journée s'écoula presque gaiement pour les prisonniers. Les idées tristes ne pouvaient avoir aucune prise sur ces âmes insouciantes, parce qu'elles étaient résolues.

Quand, après une nuit de repos, le soleil du commencement d'août vint darder ses rayons enflammés sur les barreaux de la prison, tous les deux se souvinrent ensemble que c'était le jour où on allait les juger.

En effet, M. Fournier revint. On mit les prisonniers entre une forte escouade de soldats, et ils furent dirigés vers l'enceinte du Palais de Justice de Nantes, où siégeait le conseil de guerre.

Le conseil était présidé par le colonel F. Desroys, le même qui, l'avant-veille, avait tenu un langage si digne en parlant à Robert Français. Il était assisté par un lieutenant-colonel, un chef d'escadron, deux capitaines, un lieutenant et un sous-lieutenant.

Les débats étant publics, les gradins étaient couverts de femmes élégantes et d'hommes qui les accompagnaient. Un murmure curieux s'éleva dans toute la salle quand les deux prisonniers entrèrent.

XXV

LE CONSEIL DE GUERRE

Nous ne raconterons pas, question par question, la séance du conseil de guerre. Mais il importe que nos lecteurs sachent comment les Vendéens se comportaient devant leurs juges, après avoir vu comment ils se comportaient devant les soldats.