Telle était l'unique raison pour laquelle le gouvernement maintenait ses rapports avec Deutz. Le juif devenait la suprême espérance de ces hommes à qui la trahison ne répugnait pas, puisqu'ils devaient en profiter.
Ceux qui connaissent la puissante organisation de la police de la rue de Jérusalem nous comprendront. Il était unique, dans les annales de cette aimable institution, qu'on ne fût pas encore arrivé à un résultat.
Il découlait de tout cela que Deutz ne put pas arriver jusqu'à Madame, et que, par conséquent, il ne pouvait pas indiquer à M. Maurice Duval la cachette de l'auguste prisonnière.
Mais le juif avait trop à cœur de toucher les cinq cent mille francs promis, pour ne pas chercher un moyen d'arriver à ses fins.
Le plan fut longuement couvé par lui. Shakespeare aurait fait de ce Shylock une terrible figure. Mais Judas nous répugne, nous n'entrerons pas dans l'analyse psychologique de cette conscience.
Deutz comprit aussitôt que, pour se rendre utile au gouvernement de
Louis-Philippe, il fallait qu'il commençât par se rendre indispensable à
Madame.
Comment y arriverait-il?
La lutte, pour le moment, paraissait, sinon terminée, du moins interrompue.
Les chouans ne tenaient plus la campagne; le chef réel, c'est-à-dire la princesse, avait posé les armes en apparence. Il fallait donc donner un embarras quelconque aux Vendéens. Or, voici ce que s'était dit Deutz:
Le mouvement insurrectionnel de la Bretagne, pour s'être momentanément arrêté, a encore besoin de correspondre avec le comité légitimiste de Paris.