Alors, il écrivit à M. Maurice Duval, en lui racontant tout ce qui s'était passé, et en lui annonçant que trois jours après tout serait fini.

IX

Le 6 novembre, à quatre heures du soir, Deutz entrait chez Madame, accompagné par Henry de Puiseux.

A peine arrivé, on lui ôta son bandeau, ainsi qu'on avait fait la première fois; mais cette précaution était inutile. Il reconnut facilement les localités. C'était bien la maison où il avait été reçu sept jours auparavant. Il était donc présumable que Son Altesse Royale y était à demeure.

Au lieu que Madame descendit, ce fut lui qui monta au second étage, dans l'appartement de la princesse.

Elle était seule, assise dans un fauteuil. Dès son entrée dans la chambre, Deutz fut frappé de la pâleur qui couvrait son visage. Elle paraissait fort émue.

—Monsieur, lui dit-elle sans autre préambule, je viens de recevoir cette lettre de Paris.

Puis, lisant:

«MADAME,

Permettez à un fidèle ami de votre famille, que de tristes circonstances de fortune ont obligé de servir le gouvernement nouveau, de vous prévenir de l'infâme trahison qui se prépare. Un misérable a vendu Votre Altesse. Elle doit être arrêtée après-demain…»