L'instant était solennel!
Dès que ceux-ci eurent disparu, les chouans se réunirent autour d'Aubin
Ploguen, de Jean-Nu-Pieds et de Henry de Puiseux.
Puis, ils revinrent prendre leur poste aux fenêtres du premier, tirant toujours sur les soldats, aux accents de l'unique clairon, qui ne s'arrêtait point.
* * * * *
Les vingt-deux Vendéens désignés pour la retraite sortirent de l'enceinte du château, par derrière, sans être aperçus de leurs ennemis. Mais le commandant Georges les vit tout à coup.
Aussitôt il détacha la moitié de ses hommes et les lança sur eux. Une décharge de mousqueterie abattit deux chouans.
Aussitôt, le clairon reprit sa sonnerie. Puisqu'ils étaient découverts, ils n'avaient pas le droit de se taire encore.
—Au pas de course! ordonna leur chef.
Le clairon sonna la charge.
Les soldats, exaspérés contre lui, dirigeaient leurs coups de feu contre le trompette, qui marchait en avant. Une première fois, il chancela. Une balle l'avait atteint à l'épaule droite. Il prit son clairon avec la main gauche et continua encore.