—Je ne comprends pas bien ce que vous me dites, Madame.

—C'est pourtant bien clair. Vous m'apprenez que je n'hériterai la fortune de mon mari qu'au bout d'un certain temps. Je ne récrimine pas et ne m'étonne pas. La question est pour moi sans importance. Puisque je suis veuve...

Cette fois, Me Denizot sauta sur son fauteuil.

—Mais vous n'êtes pas veuve, Madame!

Brusquement, Faustine devint toute pâle. Elle marchait à tâtons dans une impasse. Il lui semblait qu'elle se heurterait bientôt à un obstacle terrible.

—Vous dites? Je ne suis pas veuve, je ne suis pas libre?

—Mais non, Madame, mais non!

—Je ne peux pas me remarier si cela me convient?

—Non, non, mille fois non!

Faustine défaillait. Qu'était-ce donc que cette loi qui lui réservait subitement une si cruelle surprise? Me Denizot ne voyait pas le trouble profond où il jetait sa cliente. Emballé par sa passion de jurisconsulte, il reprit avec ardeur: