Il témoigna son mécontentement, et Willaumez en vint bientôt à craindre que Jérôme, assez peu patient de sa nature, n'écrivît à Decrès une lettre violente. Aussi crut-il devoir essayer d'arrêter le jeune homme dans cette voie, en lui adressant, en date du 14 décembre 1805, une longue dépêche que l'on trouvera plus loin.
Donnons d'abord deux lettres relatives à l'expédition, l'une du ministre au préfet maritime, en date du 12 novembre, l'autre de Willaumez au ministre en date du 6 décembre 1805.
Je réponds, Monsieur, à vos dépêches des 11, 13 et 15 courant, relativement aux escadres expéditionnaires.
Le motif de la substitution de l'Éole au Jupiter n'a eu d'autre objet que de mettre un vaisseau plus solide dans la division Willaumez à la place d'un autre qui l'était moins. Ainsi, si par les réparations faites au Jupiter, ce vaisseau est aussi solide que l'Éole, il n'y aura pas lieu à cette substitution.
Je ne vois aucun inconvénient à mettre l'Indienne à la place de la Comète, si celle-ci n'est pas prête.
Le motif qui m'avait empêché de comprendre l'Indienne au nombre des frégates en partance était fondé sur le peu d'opinion que j'avais de ses qualités; ainsi je vous laisse libre d'employer cette frégate au lieu de la Comète, si vous la croyez plus propre à une longue campagne. Je vous prie de concerter cela avec le général Lassègnez.
Par votre lettre du 13, vous m'annoncez qu'on procède à la formation des équipages, cette opération doit être achevée aujourd'hui.
Il faut que les bâtiments qui partent soient bien armés, et je ne puis m'abstenir de vous recommander particulièrement le Vétéran.
L'un des deux contre-amiraux a élevé la question si M. Jérôme Bonaparte commanderait en second ou s'il prendrait rang dans le commandement d'après l'ancienneté de son grade?
M. Jérôme est capitaine de vaisseau en date du 1er vendémiaire de cette année, an XIV.