Et partout de grands monuments bien modernes: le Palais des Beaux-Arts, vaste édifice Renaissance qui ressemble un peu au château de Chantilly et renferme d'importants Musées, l'institut Pasteur, l'Ecole des Arts et Métiers, le Lycée, les Facultés, le palais de Rameau, etc., etc.

Le point central, où bat le cœur de la ville, la Grand'Place, est certainement d'un noble aspect, tout à fait modernisée aussi, mais encore avec quelques monuments âgés d'un siècle ou deux, et quelques façades à lignes intéressantes, pour encadrer tout le mouvement sur cette place: l'Hôtel de ville, l'ancienne Grand'Garde, la Bourse et la colonne du siège de 1792.

LILLE—RESTES DE L'HÔTEL DE RIHOUR DERRIÈRE L'HÔTEL DE VILLE.

L'Hôtel de ville, c'est à la fois le plus jeune et le plus vieux de ces monuments. Sur la place il date du règne de Louis-Philippe et cela se voit, mais si l'on traverse la cour, pour passer derrière, on y trouve les restes de l'hôtel de Rihour, ancien palais des Comtes de Flandre, une tour de briques, deux hauts pignons briques et pierres soutenus par des contreforts et percés de hauts fenestrages éclairant une belle salle gothique dite du Conclave.

En ces bâtiments résidèrent souvent les Comtes de Flandre de la maison de Bourgogne, ceux du quinzième siècle, époque brillante, période de prospérité pour la Flandre, après les luttes et les guerres terribles des treizième et quatorzième siècles, entre les rois de France et les ducs, depuis Ferrand que Philippe-Auguste ramena ferré, dans un chariot pour le tenir treize ans prisonnier en son donjon du Louvre:

«Lors fut Ferrand tout enferré,
«Dans la Tour du Louvre enserré.»

entre Français, Flamands et Anglais, et avant l'époque espagnole, seconde période de malheurs, de guerres et de ravages, qui ne cessa qu'avec les victoires du Grand Roi.