YPRES.—LES HALLES.

Les ravages de la peste à la fin du quinzième siècle et au milieu du seizième furent terribles pour Ypres. La première fois, quinze mille personnes périrent; en 1553, la maladie enleva le tiers de la population.

YPRES.—INTÉRIEUR DE LA VIEILLE BOUCHERIE.

Au temps de la révolte des Provinces-Unies contre l'Espagne, la décadence de la ville déjà commencée s'accentua. Deux fois les réformés l'occupèrent et dévastèrent les églises. Ils y furent assiégés par Alexandre Farnèse pendant sa victorieuse campagne de 1583, et retinrent les Espagnols devant les remparts jusqu'au printemps suivant. Quand la ville affamée, à bout de forces, capitula, il restait cinq mille habitants dans les ruines.

Et d'autres alertes, sièges et bombardements l'attendaient au cours des siècles suivants. Elle devait voir les armées de Condé, de Turenne, celles de la Révolution ensuite...

Une bonne partie des remparts du dix-septième siècle existe encore au sud et à l'est de la ville, avec leurs fossés, encadrement pittoresque pour la vieille cité. Vieux remparts bas sur lesquels ont poussé les grands arbres, fossés larges comme des étangs, une eau tranquille pleine de roseaux et de nénuphars, reflétant les gros bastions ébréchés, au revêtement piqué de broussailles et de fleurs. Par-dessus les brèches, quelques pignons de hautes maisons ou la flèche de quelque église, le beffroi au loin, par-dessus les toits: calme et silence partout.