GAND.
L'HOMME DU BEFFROI.

En 1297, l'Angleterre alliée de la Flandre ayant abandonné la cause du comte Guy de Dampierre, pour conclure avec Philippe le Bel un accord particulier, les soldats anglais, au moment de quitter Gand, songèrent à piller l'ancien allié, pour ne pas rentrer chez eux sans quelque butin. Croyant avoir bon marché de tous ces bourgeois et artisans, ils se jetèrent inopinément sur la ville, mirent le feu en divers quartiers et se ruèrent au pillage.

Mais les gens des métiers, sans s'effrayer, coururent aussitôt aux armes, les compagnons, à la hâte, endossèrent le haubert, prirent leurs piques et leurs goedendags; les Anglais assaillants furent assaillis, repoussés, traqués, sept cents routiers avec plus de trente chevaliers tombèrent assommés et le reste n'échappa que difficilement au massacre, jeté hors de la ville avec le roi Edouard lui-même, sauvé à grand'peine par les seigneurs flamands.

Sans alliés désormais, la Flandre allait avoir à faire face à l'armée formidable de Philippe le Bel. «Flandre au lion!» le vieux cri retentissait d'un bout à l'autre du pays. Le lion aurait à montrer des griffes solides pendant une terrible période, et le tocsin du beffroi aurait à appeler bien souvent les métiers de Gand aux armes.

LE BEFFROI DE GAND.