Saint-Nicolas, c'est la vieille église noircie, aux murailles patinées à souhait, qui se dresse sur le vieux Marché aux grains, au point le plus mouvementé de la ville. Elle a subi de nombreuses vicissitudes au cours des siècles. Pendant les guerres de religion, lorsque Gand fut au pouvoir des armées des Provinces Unies, on y avait logé la cavalerie, les chevaux et le fourrage. Plus tard, en très triste état, presque ruinée, elle avait frisé la démolition. Par bonheur, les échevins la sauvèrent de la pioche.

GAND.—ÉGLISE SAINT-NICOLAS.

Il y a bien peu d'années, elle était encore entourée de petites maisons accrochées sur les bas-côtés ou le long du portail, enserrant le pignon étroit, très noir, de mine sévère, flanqué de deux tourelles à demi romanes, plaquées du haut en bas d'arcatures en plein cintre ou en ogive. Cela faisait valoir, au-dessus des vieilles murailles noires, criblées de blessures, écorchées en bien des endroits, la grosse tour centrale, sombre et rébarbative. Tout l'ensemble: l'église et les petites maisons, avec le mouvement du marché sur la place, plus étroite alors, constituait un joli tableau, vu du fond d'une petite rue disparue sous le nouvel Hôtel des Postes. Peut-être, une fois la restauration terminée, cela fera-t-il mieux, mais ce sera, en fin de compte, moins pittoresque probablement.

GAND.—LE MAMMELOKKER. (Bas-relief de l'ancienne porte de la prison communale.)