C’est à ce moment seulement que disparurent les dernières boutiques de la galerie marchande, où l’on vendait de la cordonnerie, des livres et de menus objets. Peu avant la Révolution il y avait encore dans la grande salle des librairies entourant les gros piliers de leurs rayons de livres.
LA GRANDE SALLE APRÈS L’INCENDIE SOUS LA COMMUNE
On restaura la tour de l’Horloge, son étage supérieur fut rétabli dans l’ancienne forme, ainsi que la belle horloge si joliment encadrée sous Henri III, depuis longtemps dans un triste état de dégradation. Les architectes Duc et Daumet élevèrent, dans un beau caractère sur le côté de la tour, les bâtiments de la rue de la Barillerie et du quai de l’Horloge, au-dessus des cuisines de Saint-Louis. Dans les fouilles exécutées dans la cour de la Sainte-Chapelle, la pioche rendit au jour des fragments de tous les âges, des murailles du moyen âge sur des restes d’édifices romains. La restauration continuait à tourner autour du vieux Palais. Sous l’Empire les bâtiments occupés par la Préfecture de police tombèrent l’un après l’autre, vieux débris du Palais des Rois ou du logis des présidents du Parlement aménagés en bureaux, en locaux quelconques, remaniés bien des fois, au hasard des utilisations. Une partie des maisons de la place Dauphine subissait le même sort pour dégager la nouvelle façade du Palais, l’énorme masse gréco-égyptienne qui charge si considérablement la proue du vaisseau de Lutèce. Alors la tour Bonbec, pour ne pas être écrasée par la façade en retour sur le quai de l’Horloge, dut être remontée d’un étage.
Arrivèrent la guerre de 1870 et la Commune, pendant que ces travaux se poursuivaient.
La terrible semaine de mai 1871 se termine par l’incendie de Paris, faisant tourbillonner dans le ciel les flammes de vingt brasiers gigantesques. Encore une fois le Palais de justice brûle. La grande salle reconstruite par Jacques de de Brosse après l’incendie de 1618, est détruite encore une fois; des bâtiments nombreux, la Préfecture de police périssent aussi, une des tours de la Conciergerie a son comble détruit. Encore une fois la flamme tournoie autour de la Sainte-Chapelle de Saint-Louis, mais celle-ci par miracle est préservée. Les flammes s’éteignent, la grande salle n’est plus qu’un monceau de débris, tout le palais est ravagé, mais la Sainte-Chapelle est toujours debout, intacte, étincelante dans la jeunesse de sa récente restauration.
La Conciergerie, que le feu avait bien menacée, s’était auparavant, comme aux mauvais jours, remplie de prisonniers: suspects, prêtres, sergents de ville, ou gendarmes, arrêtés comme otages par la Commune. Le Palais revoyait les jours sombres d’autrefois, les otages qualifiés de Versaillais remplaçaient les aristocrates de 93 et les Armagnacs de 1413.
Les souvenirs sanglants d’autrefois pouvaient faire craindre le renouvellement des terribles tragédies qui accompagnent les grandes commotions populaires. Les prisonniers, au milieu des horreurs qui se commettaient, enveloppés de tous côtés par la flamme, échappèrent pourtant au sort qui les menaçait, ils échappèrent à la fusillade comme à l’incendie, les troupes de l’armée régulière ayant pu arriver à temps.
ANGLE NORD-EST DU PALAIS MODERNE