Le 12 mai, le comité de Salut public arrête: qu’au frontispice des édifices ci-devant consacrés au culte, on substituera à l’inscription Temple de la Raison ces mots de l’article 1er du décret de la Convention nationale du 18 floréal: Le peuple français reconnaît l’Être suprême et l’immortalité de l’âme. Le Comité arrête pareillement que le rapport et le décret du 18 floréal seront lus publiquement les jours de décade, pendant un mois dans ces édifices...

A cette époque, rapporte M. Edouard Drumont dans Paris à travers les Ages, l’ouvrage aux belles et savantes reconstitutions de M. Hofbauer, une partie de Notre-Dame fut transformée en magasin pour recevoir le vin saisi dans les maisons des émigrés.

«L’église fut un moment mise en vente. Fait peu connu et parfaitement exact, Saint-Simon, le futur fondateur de la religion saint-simonienne, fort riche alors grâce à des spéculations heureuses sur les biens nationaux, se présenta avec une charrette pleine d’assignats dans l’intention d’acheter l’église afin de la démolir. Une formalité oubliée empêcha seule l’adjudication.»

La cathédrale ne périt pas, mais les outrages et les dévastations de ces dix années de Révolution la laissèrent dans un bien triste état, sans cloches, le fameux gros bourdon descendu pour la fonte, mais épargné on ne sait comment, l’extérieur mutilé, le chœur et la nef dévastés, les chapelles fermées de planches, les principaux monuments détruits ou perdus...

L’HÔTEL-DIEU.—PLACE DU PARVIS. 1860
CHAPITRE XII
LES GRANDS JOURS DE NOTRE-DAME (SUITE)

Splendeurs impériales.—Le Concordat, les fêtes du Sacre.—Le Pape à Notre-Dame—Austerlitz.—Les derniers drapeaux à Notre-Dame.—Baptême du roi de Rome.—Le retour des lys.—1830.—Le sac de l’Archevêché.—Baptêmes princiers, le duc de Bordeaux, le comte de Paris et le Prince impérial.—Notre-Dame échappe aux incendies de la Commune.—La cathédrale moderne.—Le saint Christophe de la nef.—Les quelques monuments échappés aux dévastations.

TRÔNE DE NAPOLÉON DANS LA NEF DE NOTRE-DAME
CÉRÉMONIE DU SACRE

Le siècle est fini, les saturnales sont closes, les églises sont rendues au culte constitutionnel, du moins celles qui ne sont pas consacrées au culte théophilanthropique, les Te Deum recommencent à Notre-Dame,—Te Deum constitutionnels d’abord,—pour les victoires du général Bonaparte. Marengo ouvre la série qui va être longue!