LES DUELLISTES DE L’ILE LOUVIERS
Ce fut le temps des épreuves, l’hôtel y perdit bien des choses et fut même menacé de disparaître; enfin, en 1840, la princesse Czartoriska, le sauva de la démolition et le restaura pour s’y installer.
L’hôtel de Lauzun ou de Pimodan que son magnifique balcon désigne, quai d’Anjou, 17, est l’un des hôtels célèbres de l’île, c’est pour le financier Gruyn que le logis étala d’abord les somptuosités de ses appartements. Le brillant duc de Lauzun, l’époux de Mlle de Montpensier, lui succéda. Après différents possesseurs, le marquis de Pimodan en 1779 lui donna le second nom sous lequel il est connu. En 1841, acheté par un célèbre collectionneur, le baron Jérôme Pichon, l’hôtel de Pimodan prit tout à coup un éclat littéraire auquel il ne s’attendait pas. Roger de Beauvoir, Théophile Gautier et d’autres littérateurs de la pléiade romantique devinrent les locataires du baron Pichon.
Quelques grandes portes admirables, quelques merveilleux balcons signalent encore bien des hôtels remarquables sur ces quais dits des Balcons, ou dans la rue Saint-Louis-en-l’Ile. Par exemple l’hôtel de Poisson de Marigny, frère de Mme de Pompadour, 5, quai d’Anjou, l’hôtel Le Charron, quai de Bourbon, no 3, l’hôtel de Jassaud, même quai, no 19, l’hôtel Hesselin, 24, quai de Béthune, l’hôtel Chenizeau, rue Saint-Louis-en-l’Ile, 51, dont le balcon, supporté par des dragons fantastiquement enroulés, montre une magnifique ferronnerie, etc...
L’ESTACADE DE L’ILE SAINT-LOUIS
Au coin de la rue Le Regrattier et du quai Bourbon, une ancienne inscription: «rüe de la femme sans teste», au-dessous d’une niche d’angle contenant encore la moitié d’une vierge brisée, rappelle un ancien cabaret du XVIIe siècle, dont l’enseigne représentait une femme privée de tête, tenant un verre à la main, avec cette irrespectueuse légende: Tout en est bon.
Dès les commencements du nouveau quartier, une petite chapelle avait été érigée dans l’île, mais la population augmentant rapidement, il fallut agrandir cette chapelle qui devint paroisse sous le titre de Saint-Louis, et dont le nom passa vite à l’ancienne île Notre-Dame.
En 1664, pour l’agrandir encore, on construisit le chœur de l’église actuelle, puis une quarantaine d’années après, on démolit le reste pour élever la nef.
La flèche assez singulière est une pyramide percée de grands jours ronds; l’horloge, suspendue sur le côté de la tour comme une enseigne et visible des deux côtés de la rue, contribue à donner à l’église et au quartier de l’île, cette petite ville enfermée dans la grande, sa physionomie particulière.