L’église Sainte-Marie-Magdeleine située rue de la Juiverie occupait l’emplacement d’une synagogue, lorsque ce point de la Cité entre la rivière et la rue de la Juiverie était un ghetto. Philippe-Auguste en 1183 chassa les Juifs, vendit leurs maisons donnant sur la rivière aux pelletiers et convertit la synagogue en une église dédiée à sainte Magdeleine. Rebâtie dans les siècles suivants, Sainte-Magdeleine fut démolie en 93. Elle était fort irrégulière, composée de deux nefs, avec des chapelles annexes; il en subsista longtemps quelques débris, notamment, au chevet sur la rue de la Licorne, une charmante petite porte dans le style du XVe siècle. Notons qu’à Sainte-Magdeleine était installée «la Grande Confrérie de Notre-Dame aux seigneurs prêtres et bourgeois de Paris» ou plus simplement des bourgeois de Paris.
Sur la rue de la Lanterne elle montrait au-dessus de son portail ogival, un pittoresque pignon à charpente apparente, qui était sans doute une réparation du XVIe siècle, et que surmontait un petit clocher.
Dans la rue Neuve-Notre-Dame, l’église Sainte-Geneviève des Ardents rappelait une légende miraculeuse sans aucune authenticité, repoussée déjà par l’abbé Lebœuf, et aussi une de ces pestes, trop réelles malheureusement, qui désolèrent maintes fois les populations dans le cours des siècles.
L’église fort ancienne s’appela d’abord Sainte-Geneviève la Petite. On disait qu’aux environs de l’an 1000, à l’époque où l’épidémie connue sous le nom de feu sacré ou mal des Ardents causait de terribles ravages un peu partout et emportait un grand nombre de Parisiens, les malades qui se réfugiaient à la cathédrale devant les reliques de sainte Geneviève apportées de l’abbaye, se trouvaient subitement guéris après avoir fait leurs oraisons et touché ces reliques. Et en mémoire de ces miraculeuses guérisons, une chapelle à la sainte patronne de Paris aurait été élevée près de la cathédrale sous le nom de Sainte-Geneviève la Petite pour la distinguer de la grande.
Cette église fut démolie en 1742; sur son emplacement s’éleva le bâtiment des Enfants-Trouvés. En même temps et pour l’agrandissement de la place du Parvis, entre les Enfants-Trouvés et la cathédrale, tomba l’église Saint-Christophe. D’une origine très lointaine, cette petite église aurait été dès l’an 690 un monastère de femmes, converti deux siècles après en hôpital, la première maison-Dieu parisienne. Au XIIe siècle, Saint-Christophe érigé en paroisse fut séparé de l’Hôtel-Dieu et reconstruit sur le parvis en face de Saint-Jean le Rond.
De Saint-Pierre aux Bœufs, proche le bureau des Pauvres et le Parvis, il reste au moins quelque chose, mais plus au même endroit, une jolie porte aujourd’hui appliquée au bas de la tour de l’église Saint-Séverin. L’église était du XIIIe siècle, elle devait son surnom, croit-on, à ce qu’elle était la paroisse des bouchers de la Cité. Vendue à la Révolution, longtemps occupée par un tonnelier, elle ne fut démolie qu’en 1837.
Derrière cette petite église se trouvait une église minuscule, Sainte-Marine, bâtie au XIIIe siècle; c’était la paroisse la plus petite de Paris, comprenant à peine une douzaine de maisons. C’était à Sainte-Marine que se célébraient les mariages ordonnés par les tribunaux ecclésiastiques. Supprimée en 1792, elle a disparu sous quelque nouvelle maison de la rue d’Arcole, après avoir été atelier de menuiserie et théâtre.
Un peu plus haut, à l’angle de la rue de la Colombe et de la rue Basse-des-Ursins, se retrouve un reste d’une autre petite église, Saint-Aignan, fondée au XIIe siècle par Etienne de Garlande, archidiacre de Notre-Dame. Cet édifice roman dont l’entrée se trouvait rue de la Colombe n’était qu’une humble chapelle, ouverte seulement à certains jours, et que la Révolution supprima. Saint-Aignan, converti en magasins d’entrepreneur et de marchand de bois, disparut sous des constructions en partie faites avec des débris du couvent des Jacobins de la rue Saint-Jacques, de grandes arcades du XVIIe siècle appliquées à la façade sur la cour de la maison no 9 rue Basse-des-Ursins. Le débris de Saint-Aignan qui se retrouve encore, enclavé dans cette maison à l’angle de la cour, est une simple travée de voûte servant actuellement d’écurie; les curieux chapiteaux des colonnettes qui reçoivent la voûte sont bien conservés grâce à la précaution prise par le propriétaire actuel de les enfermer dans un emboîtage de planches. Cette écurie, c’est aujourd’hui l’unique débris qui subsiste encore en place, de toutes ces petites églises de la Cité enlevées par la grande transformation.
CRYPTE DE SAINT-DENIS DE LA CHARTRE