LOGE OU LANTERNE DE LA CHAMBRE DORÉE, XVIIe SIÈCLE

L’horloge qui donne son nom à la tour fut placée en 1370, du temps de Charles V, par un maître horloger allemand du nom de Henri du Vic. Celui-ci resta chargé de l’entretien du mouvement et fut logé dans la tour. En même temps on installait dans le petit beffroi surmontant le comble de la tour, une cloche nommée Jouvante, qui devait devenir non moins fameuse que l’horloge, car elle donna en 1578, avec les cloches de Saint-Germain l’Auxerrois, le signal de la Saint-Barthélemy. Peu après, sous Henri III, l’horloge dut être restaurée; on chargea de ce soin Germain Pilon qui refit un cadran élégamment décoré, flanqué de deux figures représentant l’une la Force et l’autre la Justice, avec des inscriptions latines dues à Jean Passerat, l’un des futurs auteurs de la Satire Menippée. L’une de ces inscriptions, placée sous les écussons de France et de Pologne réunis et entourés du cordon de l’ordre du Saint-Esprit, fait allusion aux deux couronnes portées par Henri III et lui en promet une troisième au ciel. Un auvent gracieusement arrondi protège l’horloge et ses figures. Le tout nous était arrivé absolument dégradé, et il a fallu tout reconstituer, sculptures, figures et ornementation peinte.

Voici donc le palais complètement achevé dans son ensemble aux premières années du XIVe siècle; sous Charles VIII et Louis XII, il recevra encore des adjonctions heureuses, mais ce sera ensuite fini, il ne fera plus, aux époques suivantes, que souffrir violences et dévastations, lors de ses incendies successifs, suivis de restaurations non moins désastreuses pour ses magnificences ogivales et sa noble physionomie d’autrefois.

L’émerveillement de tous fut grand à la fin des travaux, devant l’œuvre achevée qui complétait l’aspect grandiose de la Cité, resplendissante alors avec sa jeune cathédrale et son Palais neuf. Philippe le Bel, pour inaugurer solennellement ses constructions, donna à la Pentecôte de l’an 1313, huit jours de fêtes merveilleuses, au cours desquelles furent armés chevaliers les trois fils du roi, qui devaient si peu après, et pour si peu de temps chacun, régner tous les trois, Louis le Hutin, Philippe le Long, Charles le Bel.

LA GRANDE SALLE DU PALAIS. AU FOND LA TABLE DE MARBRE

Le gendre du roi Edouard II d’Angleterre vint en grande pompe assister aux fêtes. La ville de Paris, où tout chôma pendant huit jours, était dans toutes ses rues encourtinée de soie et de lin et illuminée joyeusement chaque soir. Jamais on n’avait vu pareilles magnificences, tous les ducs, comtes et barons de France étaient présents, disent les vieux chroniqueurs, ajoutant pour donner une idée de ces magnificences que dans une seule journée ces nobles seigneurs changèrent trois fois d’habits. Il y eut chaque jour de grands festins, le jour de la Pentecôte, les fils du roi furent armés chevaliers, le roi donna un grand repas sur la Table de marbre, au cours duquel tous les mets furent à un certain moment inondés d’eau de rose, ce qui peut passer pour un assaisonnement singulier.

«Tous les bourgeois de Paris en robes neuves, à pied et à cheval, ordonnés par métiers et confréries, avec trompes, tambourins, buccines et menestriers et très bien jouant de très beaux jeux, entrèrent en l’île de la Cité par-dessus un pont de bateaux nouvellement construit, et vinrent en grande joie à la cour du Palais du roi.» Cette procession, chantant et jouant comme une sorte de mystère ambulant, donna aux princes une grande représentation dans la cour du Palais.

Il y avait plusieurs pièces ou plusieurs actes. Après le Mystère du Paradis vint le Mystère de l’Enfer, puis tout le Roman du Renard en un nombre infini de scènes, avec tous les déguisements d’animaux et les «feintises» indispensables.