Les rues où le convoi d’Anne en janvier avait passé, virent en novembre la belle Marie, en triomphant cortège, se diriger vers Notre-Dame, pour de là s’en aller festoyer dans la Grande salle du Palais. A ces noces royales à la table de marbre, quatre divertissements ou «entremets» coupaient le repas; le premier était un phénix sur son bûcher, le second monseigneur saint Georges à cheval combattant le dragon, le troisième un porc épic et un léopard soutenant l’écu de France et le quatrième le combat d’un coq, d’un mouton et d’un lièvre.

La seconde entrée royale fut trois mois après celle du roi chevalier François Ier

Le roi Louis XII, dont la santé était assez précaire au temps de son remariage n’avait pas longtemps résisté à l’existence de fêtes et de plaisirs que lui fit mener la jeune princesse. Le 1er janvier 1515, il était allé rejoindre Anne de Bretagne à Saint-Denis.

Le nouveau roi, François Ier, fit son entrée joyeuse le 15 février suivant, «laquelle fut moult honorable et triomphante». Cette entrée eut ceci de particulier qu’elle se fit aux flambeaux, la nuit ayant pris le cortège dans la rue Saint-Denis. On admira beaucoup le jeune roi vêtu tout de blanc d’argent, monté sur un magnifique destrier qu’il faisait continuellement caracoler «en sorte que chacun s’en émerveillait, comme des princes et seigneurs qui l’accompagnaient en gros nombre et multitude de gens grandement accoutrez d’orfèvreries à leurs devises. Et en bel ordre de marche le dit seigneur et sa compagnie allèrent jusqu’à Notre-Dame de Paris et de là au Palais où il fut faict de par ledit seigneur, en la manière accoutumée, un gros et somptueux souper aux dicts princes et seigneurs. Et y soupèrent et eurent leurs tables, le prévôt et les échevins et aucuns notables personnages de la ville.»

LES MOULINS DE LA RIVIÈRE
CHAPITRE VI
LE PALAIS AU XVIe SIÈCLE

Le Palais sous François Ier.—Semblançay.—Le procès du connétable de Bourbon.—Le cartel de l’empereur.—Charles-Quint au palais.—La Réforme.—Processions et supplices.—La tour de Montgommery.—La très sainte Ligue.—Assassinat du président Brisson.—Jean Chastel et Ravaillac.—Le palais envahi par le duc d’Epernon.—Premier incendie du Palais.

ASSASSINAT DU PRÉSIDENT BRISSON

Sur ce point de la Cité, la justice est tout à fait chez elle; le Palais de la Cité au XVIe siècle a cessé d’être, même temporairement, Palais royal; cédé complètement au Parlement et à l’administration financière du royaume, il est le Palais de Justice.