Le roi, obligé par ces inconvénients de se retirer des fenêtres, prit alors la résolution de faire cesser cet état de choses. Le prévôt et les bourgeois furent convoqués au palais et Philippe ordonna le pavage en forte et dure pierre des voies principales; la dépense un peu forte fit faire la grimace aux édiles, mais le roi, comme bourgeois de Paris, y contribua pour sa part.

Ce premier pavage, disent les vieux historiens de Paris qui en ont pu voir les traces en certains endroits sous le sol exhaussé, était fait de grandes dalles de grès, de carreaux de trois pieds de longueur. En raison de la dépense excessive on se borna à daller ainsi les grandes voies passagères, laissant les autres en l’état.

La grande rue Saint-Denis qui commence,—ou finit,—à la Grande Boucherie, c’est l’artère principale, de beaucoup la plus mouvementée, le fleuve pas bien large pourtant recueillant sur son chemin bien des affluents importants; c’est la grande route aussi. Tout ce qui vient des provinces du Nord descend par cette longue rue après avoir franchi la Bastille Saint-Denis, la porte la plus importante de l’enceinte construite par Étienne Marcel et Charles V.

ANCIENNE FAÇADE DE LA MAISON DE NICOLAS FLAMEL, RUE DE MONTMORENCY, 45, DONT IL NE RESTE QUE LA POUTRE A L’INSCRIPTION

C’est le chemin des entrées triomphales, des réceptions solennelles de rois et de reines. C’est par la porte Saint-Denis, pour ne citer que les plus fameuses et les plus fastueuses de ces réceptions royales, qu’entrèrent en la bonne ville de Paris l’empereur d’Allemagne Charles IV, venant visiter le roi Charles V en 1378, la reine Isabeau de Bavière, femme de Charles VI, qui apportait avec elle tant de malheurs pour Paris et la France, les rois Louis XI, en 1461, et François Iᵉʳ en 1515, la reine Anne de Bretagne en 1504...

Nous n’avons aucune idée des magnificences déployées en ces circonstances, et notre époque, jusque dans ses fêtes, ignore désespérément le pittoresque. Une fête pour nous c’est plus ou moins de sociétés musicales ou de gymnastique, plus ou moins de drapeaux et de lanternes vénitiennes aux fenêtres, plus ou moins de soleils tournants et d’étoiles filantes au feu d’artifice. Notre imagination, quand elle a ajouté quelques mâts de cocagne à ce programme, est à bout.

Le moyen âge déployait un peu plus de recherches de splendeurs, dans toutes les réunions et solennités; aux grandes journées, nos aïeux s’ingéniaient à relever la pompe de ces grands cortèges par tous les moyens et à les égayer sur leur route par toutes sortes de divertissements et d’intermèdes.

COUR DU COMPAS D’OR, RUE MONTORGUEIL