Le moyen âge aimait ce motif très décoratif, avec lequel il orna parfois d’une façon originale les poteaux corniers des maisons de bois. Celui-ci est fort abîmé l’usure et la poussière de cinq siècles ont altéré considérablement la physionomie des personnages sculptés; notre temps irrespectueux méconnaissant leur signification, ne voyant là qu’un arbre avec des figurines informes perchées dans les branches, a infligé à la maison le titre d’hôtel de l’Écureuil.
ENSEIGNE DU SOLEIL D’OR, RUE SAINT-SAUVEUR (CABARET ET JEU DE PAUME)
Quant à la rue des Prêcheurs qui devait son nom à quelque couvent et qui débouchait autrefois aux piliers des Halles, presque devant le Pilori, ce n’est plus qu’un bout de ruelle noire.
Avant l’introduction du numérotage chaque maison avait son nom ou son enseigne peinte ou sculptée, un signe quelconque marqué sur la pierre ou le bois pour la désigner, et vraiment rien n’était plus amusant que toutes ces appellations souvent originales.
Certaines se répétaient bien des fois et se voyaient dans presque toutes les rues. Les propriétaires dévotieux donnaient à leurs logis des enseignes ayant un caractère religieux, rappelant par le nom ou par un attribut, soit le saint leur patron, soit la Vierge, soit un saint de corporation ou particulièrement révéré dans le quartier. D’autres enseignes se rapportaient au métier exercé ou ayant été exercé dans la maison, un grand nombre enfin étaient purement fantaisistes, faisaient allusion à un proverbe populaire, à un fabliau, étaient tirées d’une idée comique ou satirique, d’une invention joviale.
En voici quelques-unes parmi l’immense quantité de celles qu’on a pu relever à Paris. Appellations religieuses: l’image Notre-Dame, en nombre considérable, l’image Saint-Michel, l’image Saint-Louis, les Trois-Rois, Saint-Nicolas, Notre-Dame de Liesse, Sainte-Catherine, Notre-Dame d’Argent, Sainte-Véronique, Saint-Esprit, Saint-Fiacre.
LE BON PUITS, ENSEIGNE RUE BEAUBOURG