ENSEIGNE DE L’ENFANT JÉSUS, RUE DES BOURDONNAIS

Appellations diverses: le Heaume, le Singe, le Cygne, la Couronne-d’Or, le Bœuf-Couronné, le Cœur-Volant, le Croissant, le Lansquenet, la Bouteille, l’Étoile, la Lune, la Hure-de-Sanglier, les Trois-Colombes, l’Arbalète, le Coq et la Pie, la Corne-de-Cerf, le Grand-Cerf, le Pélican, la Prison de Saint-Crépin, le Cheval-Blanc, le Sauvage, le Griffon d’Or, la Licorne, les Quatre-Vents, le Bras d’Or, l’Écu de France, les Trois-Chandeliers, le Chat qui pêche, la Truie qui file, la Fleur de Lis, le Chat-Noir, le Lion d’Argent, l’Épée-de-Bois, le Grand-Cerf, la Balance, la Croix-de-Fer, la Croix-de-Lorraine, les Croix-Rouge, Blanche, d’Or ou Noire, les Trois-Entonnoirs, le Fort-Samson, le Barbe-d’Or, la Tête-Noire, le More, l’Aigle, le Singe-Vert, le Chapeau-Rouge, la Clef, la Pomme-de-Pin, les Deux-Écus, les Trois-Maillets, la Limace, les Trois-Couronnes, les Deux-Anges, la Rose-Blanche, le Gros-Chêne, le Chêne-Vert, le Moulinet-d’Or, le Faisan, le Renard-Rouge, les Gros-Raisins, l’Ours, le Grand-Turc, la Clef-d’Or, le Chaudron, le Pot-Cassé, l’Homme-Sauvage, l’Éléphant, le Sagittaire, la Bonne-Femme, les Grenouilles, le Gril, le Barillet, le Papegaut, la Cuiller, la Pelle, la Crosse, l’Entonnoir, l’Huis de Fer, la Grimace, la Lamproie, la Nonnain qui ferre l’Oie, la Chicheface, le Pot-Cassé, la Cage, l’Arbalète, l’Écrevisse, la queue de Renard, le Chevalier au Cygne, l’Oriflant, l’Adventure, la Coste de Baleine, l’Échiquier, la Galerie, la Gerbe-d’Or, la Chaste-Suzanne, le Grand-Lion, le Petit-Lion, le Quatre-Fils Aymon, le Sabot, le Saumon, les Trois-Chandelles, la Pomme-Rouge, la Femme-sans-Tête... M. Berty

LA RUE DE LA FERRONNERIE. ASSASSINAT D’HENRY IV

en a relevé quelques milliers, de maison en maison, en fouillant les vieux titres, les vieux registres des tailles, rien que pour les quartiers de la Cité et du Louvre.

Certaines de ces appellations étaient des enseignes d’hôtelleries qui se sont perpétuées jusqu’à nous, souvent bien déchues, par malheur, et devenues en leur vieillesse de simples auberges de rouliers. On est tout surpris de rencontrer, au centre de Paris, aux endroits où les maisons étroites et serrées, les façades à ventre renversé se disputent le terrain, de vastes cours avec d’immenses hangars à gros poteaux de bois, comptant leur âge par siècles, puis de sombres écuries sous d’antiques bâtiments vermoulus, et là dedans les tas de fumier, les poules picorant et caquetant comme en des cours de campagne...

Jadis descendaient dans ces hôtelleries les gentilshommes de passage à Paris, les riches bourgeois venus pour affaires, les gros marchands en tournée d’achats. Des troupes de cavaliers, de seigneurs en carrosses, des dames en litières s’arrêtaient sous cette voûte où les accueillait l’hôte le bonnet à la main. Ces vieilles écuries ont logé des chevaux de seigneurs venus pour les noces d’Isabeau, des coursiers de guerre aussi, amenés par les partisans d’Armagnac ou de Bourgogne, les amis de messieurs de Guise ou du prince de Condé.

Ces années de jeunesse et de gloire sont loin, il n’y a plus dans ces écuries et sous ces hangars que gros chevaux de roulage, camions, charrettes, attelages de maraîchers ou de paysans des environs de Paris apportant leurs légumes aux Halles.

ANCIENNE ENSEIGNE DE L’ORME SAINT-GERVAIS AUJOURD’HUI RUE DU TEMPLE