Imp. Draeger & Lesieur, Paris

plusieurs salles où les acteurs des théâtres de la ville venaient pendant six semaines ou deux mois que durait la foire, jouer des pièces comiques, d’un genre spécial et souvent trop libre. Il y eut aussi alors le Waux hall de la foire, vaste établissement de plaisir, avec une salle de bal en rotonde à ciel ouvert.

Mais la grande vogue n’y était plus, en 1786 la foire Saint-Germain avait vécu. A sa place, sous l’empire, on construisit le marché actuel.

L’ABBAYE DE SAINTE-GENEVIÈVE AU XVIIIᵉ SIÈCLE

Le palais abbatial qui subsiste encore et dresse dans la rue de Furstenberg sa noble façade de briques et de pierres, fut commencé en 1586 par le cardinal de Bourbon, archevêque de Rouen et abbé de Saint-Germain, le Charles X des Ligueurs. Plus tard le XVIIᵉ siècle, qui ne trouvait plus à son goût les monuments gothiques, refit le grand cloître en froides arcades plein cintre et pilastres doriques. L’aspect féodal de l’antique abbaye se modifiait peu à peu; la ville l’enveloppait maintenant; les vieux remparts et les tours tombèrent, les fossés furent comblés et à leur place on fit des rues bientôt couvertes de bâtisses. Les moines élevèrent eux-mêmes des maisons à loyer dans les rues situées autour du palais abbatial restauré par le cardinal landgrave de Furstenberg, abbé commendataire.

Le XVIIIᵉ siècle commence, qui devait voir la fin de l’abbaye. Le temps n’est plus où les abbés sont des moines sortis du sein même de l’abbaye, aimant passionnément leur maison et rêvant sans cesse à augmenter son importance ou son illustration. Pour bien des abbayes l’abus de la commende a changé tout cela, les abbés n’ont d’abbés que le nom, ce sont souvent des grands seigneurs, des princes tenant surtout à jouir, du mieux possible, de tous les revenus de leur bénéfice, à en tirer tout ce qu’il peut fournir. Dans le silence et la paix de l’immense bibliothèque magnifiquement installée au deuxième étage au-dessus du chapitre, les bénédictins travaillent et méditent. Ils percent, dans le fatras embrouillé des légendes, des sentiers praticables, ils défrichent l’histoire de France, tandis qu’à côté d’eux le faste, le bruit et le mouvement remplissent le palais abbatial où se succèdent des abbés commendataires menant la vie de grand seigneur à la façon du XVIIIᵉ siècle.

LE PALAIS ABBATIAL, RUE DE FURSTENBERG

Mais après ces derniers abbés, parmi lesquels le comte de Clermont, et l’ex-roi de Pologne Jean Casimir, les sectionnaires de 1793 vont venir et l’administration des poudres et salpêtres derrière eux, et la vieille abbaye de Childebert, type parisien des grandes abbayes féodales, disparaîtra par une catastrophe dans un tourbillon de flammes, en même temps que l’antique monarchie.