L’ENTRÉE DE LA CHARTREUSE DU LUXEMBOURG (INTÉRIEUR)

LES CÉLESTINS, L’ARSENAL ET L’ILE LOUVIERS

II

FONDATION DE SAINTE-CATHERINE
PAR LES SERGENTS D’ARMES DE
BOUVINES

L’enclos féodal du prieuré de Saint-Martin des Champs.—Le réfectoire et la chaire du lecteur.—Abbés trop gras et moines trop mal nourris.—Les procès de l’Épée.—Duels judiciaires dans la lice du prieuré.—Carrouges et Le Gris.—Les Célestins.—L’église. Musée de grands tombeaux seigneuriaux.—Les serfs de la Vierge Marie.—Aux Carmes Billettes, le dernier cloître gothique de Paris.—Le cadavre d’Étienne Marcel à Sainte-Catherine du Val des Écoliers.—L’abbaye de Saint-Antoine.—Pécheresses repenties.—Fondations hospitalières.—Les Haudriettes.—Les confrères de la Trinité et les origines du théâtre.—Les Quinze-Vingts.—Frères cordonniers et frères tailleurs.

L’AUTRE côté de la Seine, la partie de Paris appelée la Ville, n’a point autant de couvents et d’abbayes que cet extraordinaire quartier de l’Université, Monacopolis autant que ville des études. L’établissement monacal le plus important est le prieuré de Saint-Martin des Champs, bâti en dehors de la ville de Philippe-Auguste et plus tard compris dans l’enceinte quand, au temps d’Étienne Marcel, on enferma dans une nouvelle muraille tous les faubourgs du nord.

Le prieuré de Saint-Martin des Champs, c’est comme Saint-Germain une petite ville forte enfermée dans sa ceinture crénelée, et son prieur est également très haut et très puissant seigneur, suzerain de bon nombre d’autres prieurés, de nombreuses cures, vicairies et chapellenies, et possédant haute et basse justice sur son territoire. Une abbaye de Saint-Martin avait existé dès le règne de Dagobert, à proximité d’un champ de foire, dit aussi de Saint-Martin, et qui devait se trouver sur l’emplacement du boulevard actuel. Les Normands avaient fait de cette abbaye un monceau de ruines. Ce fut le roi Henri Iᵉʳ en 1060 qui songea à faire renaître un nouveau monastère des décombres envahis par la végétation de deux siècles.