A son actif en fait de monuments religieux, le XVIIᵉ siècle a Saint-Étienne du Mont, commencé cent ans auparavant dans le style ogival et très élégamment achevé dans le style de la Renaissance, l’église des jésuites, Saint-Paul-Saint-Louis, d’un grandiose aspect à l’intérieur, le Val-de-Grâce, l’église des Invalides, colossale architecture au goût du Grand Roi.
Ce sont là des œuvres réussies. En revanche, on peut porter à son passif de nombreuses petites églises froides et lourdes, des chapelles de couvent non moins laides, plus une énorme quantité de méfaits: démolitions, adjonctions, placages et enlaidissements quelconques! Et après lui, hélas! le XVIIIᵉ siècle et le XIXᵉ lutteront à qui commettra le plus de dévastations, à qui poussera le plus loin le vandalisme, jusqu’au jour où une réaction bien tardive arrivera juste à temps pour sauver les derniers monuments restant encore à dénaturer ou à renverser.
L’église Saint-Étienne du Mont est née d’une chapelle élevée par l’abbaye de Sainte-Geneviève, pour servir de paroisse à la population groupée autour de son enclos; cette chapelle dut être reconstruite au XIIIᵉ siècle, puis à la fin du XVᵉ elle fut abattue pour faire place à un grand édifice appelé à former, avec l’église de l’abbaye, un groupe de deux grandes églises jumelles, enfermées toutes deux dans l’enceinte des moines.
Le chœur de Saint-Étienne fut encore construit dans le style ogival, mais sa nef est Renaissance. C’est un superbe édifice qui provoque l’admiration par ses belles proportions, par la hauteur de sa nef où la lumière joue à l’aise, indiquant des perspectives inattendues, révélant des détails gracieux, de belles voûtes à nervures compliquées au transept, d’audacieuses clefs pendantes délicatement fouillées.
Le dernier jubé de Paris projette son arche élégante d’un côté du chœur à l’autre et se combine avec des escaliers tournant en spirale autour de chacune des deux premières colonnes du chœur, pour conduire à la galerie de balustrades qui coupe les colonnades à mi-hauteur. L’aspect de Saint-Étienne avec ce jubé et ces curieux escaliers est unique à Paris.
La façade abondamment ouvragée présente une curieuse décoration de frontons de différentes formes, de niches, de colonnes, de bas-reliefs et de groupes, d’un goût moins heureux que l’intérieur cependant; ce qui la sauve tout à fait, c’est le svelte clocher gothique qui monte sur un des côtés, très gracieux de lignes effilées avec sa tourelle d’escalier et son lanternon final; c’est le joli porche latéral à tourelles qui semble un petit manoir accolé au bas de la tour et se prolonge sous le bas côté par une galerie menant aux anciens charniers.
C’est la reine Marguerite de Valois, Margot la Belle, qui posa la première pierre du grand portail en 1610; l’église terminée fut dédiée en 1626, comme en témoigne une inscription au-dessus de laquelle une seconde pierre mentionne un accident survenu pendant la cérémonie.
«..... Et pendant les Cérimonies de la | dédicace deux filles de la paroisse | tombèrent du haut des galleries | du chœur avec l’appuy et deux | des balustres, qui furent miraculeusement préservées | comme aussi les assistans | ne s’estant rencontré personne, | soubz les ruines, vue l’affluence du | peuple qui assistait aux dites cérimonies.»
Saint-Étienne du Mont conserve le cercueil de pierre qui reçut le corps de sainte Geneviève en 1511, sarcophage transféré ici lors de la démolition de l’église Sainte-Geneviève. L’église possède aussi quelques plaques ou épitaphes anciennes, entre autres celles de Pascal et de Racine.
Autre souvenir plus tragique et plus récent, c’est à Sainte-Geneviève, lors de la neuvaine de 1857, que Mᵍʳ Sibour, archevêque de Paris, fut assassiné par Verger.