L’église Saint-Louis-Saint-Paul, dans la rue Saint-Antoine, fut construite de 1627 à 1641 par les jésuites, à côté de leur noviciat, aujourd’hui lycée Charlemagne.
L’architecte était un jésuite, le père François Derrand. Cela se voit au portail, ennuyeuse superposition de colonnes, de niches et de frontons, échantillon du style peu séduisant adopté par la Société pour ses églises.
Mais l’intérieur avec ses piliers massifs, ses sculptures, ses galeries à balcons de fer, et sa coupole centrale, bien assise, rachète l’extérieur et déploie une pompe noble d’un grand caractère, avec une ostentation de richesses qui tient autant du palais que du temple. C’est bien là l’église qui convient à des grands seigneurs du temps de Louis XIII, aux belles dames à grandes fraises et lourdes jupes ramagées, aux cavaliers à grands feutres empanachés, relevant avec l’épée leur large manteau et faisant sonner sur les dalles du palais d’un Dieu grand seigneur aussi, les éperons de leurs bottes aux entonnoirs garnis de dentelle. Le cardinal de Richelieu vint y dire la messe d’inauguration.
L’édifice, imposant par sa masse et l’opulence de sa décoration, témoigne de la richesse et de la puissance de l’ordre qui l’éleva. Comme église de l’aristocratie de ce noble quartier du Marais, aux beaux jours de la place Royale, Saint-Louis des jésuites succéda au vieux Saint-Paul, son voisin, dont elle reprit aussi le titre plus tard. Les caveaux renferment les sépultures de beaucoup de grands personnages et de nombreuses notabilités de la compagnie de Jésus.
LE JUBÉ DE SAINT-ÉTIENNE DU MONT
Tout près de là, un peu plus haut dans la rue Saint-Antoine et touchant presque à la Bastille, Mansard éleva l’église des filles de la Visitation Sainte-Marie, appelées à Paris par la baronne de Chantal, Sainte-Françoise de Chantal, grand’-mère de Mᵐᵉ de Sévigné. Le petit dôme ardoisé de l’église est fort élégant. Fouquet fut enterré à Sainte-Marie, affectée aujourd’hui au culte protestant.
LE TEMPLE PROTESTANT, ANCIENNE ÉGLISE SAINTE-MARIE (MAI 1871)
Dans les champs à l’autre extrémité de Paris, après la porte Saint-Jacques qui se trouvait au milieu de notre rue Soufflot, au bout du faubourg qui s’allongeait derrière le grand enclos des Chartreux, parmi des couvents nombreux, les Ursulines, les Feuillantines, les Capucines, les Carmélites, Port-Royal, etc..., la reine Anne d’Autriche, en remerciement de la naissance longtemps désirée de l’enfant qui devait être le Grand Roi, fonda l’abbaye du Val de Grâce pour les Bénédictines du Val-Profond, dont elle modifia le nom en 1645.