[Note 413: ][ (retour) ] Otto à Champagny, 19 février.

[Note 414: ][ (retour) ] Id., 12 mars 1810.

[Note 415: ][ (retour) ] Champagny à Otto, 7 février 1810.

[Note 416: ][ (retour) ] Otto à Champagny, 11 mars 1810.

[Note 417: ][ (retour) ] Id. Toutes les dépêches de Vienne citées dans ce chapitre ont été publiées par le baron Imbert de Saint-Amand, dans son curieux volume: Les beaux jours de Marie-Louise, 113-158.

L'Impératrice belle-mère de Marie-Louise, malgré son peu d'inclination pour la France, savait se contraindre et trouver des mots aimables. Quant à l'Empereur, il ne doutait point du bonheur réservé à «sa fille bien-aimée»; il voyait s'ouvrir devant les deux peuples un avenir de prospérité et de concorde; il exprimait l'espoir que par la suite les liens se resserreraient encore, et ses déclarations valaient surtout par l'intonation, par le sourire qui les accompagnait, par «ce quelque chose de cordial et d'affectueux [418]» qui était en lui et qui expliquait sa persistante popularité. Il n'était point jusqu'à Marie-Louise qui, surmontant sa réserve de fiancée, ne sût placer discrètement sa note. À un dîner de gala, elle disait au comte Otto, assis à sa droite, qu'elle voulait être une épouse soumise et dévouée: elle annonçait des goûts simples et sérieux, ne demandait que des distractions innocentes, la permission de perfectionner son talent de musicienne et de peintre, ajoutant «que tout lui convenait, qu'elle pouvait se faire à toutes les manières de vivre, et qu'elle se conformerait entièrement à celle de Sa Majesté, n'ayant rien tant à cœur que de lui complaire [419]».

[Note 418: ][ (retour) ] Otto à Champagny, 12 mars.

[Note 419: ][ (retour) ] «Madame l'archiduchesse, écrivait Otto, m'a fait beaucoup de questions qui annoncent la solidité de ses goûts: «Le musée Napoléon est-il assez rapproché des Tuileries pour que je puisse y aller souvent et étudier les antiques et les beaux monuments? L'Empereur aime-t-il la musique? Pourrai-je prendre un maître de harpe? c'est un instrument que j'aime beaucoup. L'Empereur est si bon pour moi, il me permettra sans doute d'avoir un jardin botanique; rien ne me ferait plus de plaisir. J'espère que l'Empereur aura de l'indulgence pour moi, je ne sais pas danser les quadrilles, mais, s'il le veut, je prendrai un maître de danse...»--Je dois remarquer, ajoutait l'ambassadeur, que pendant plus d'une heure qu'a duré mon entretien avec Son Altesse Impériale, elle ne m'a pas parlé une seule foi des modes ni des spectacles de Paris.» 6 mars 1810. Cf. Saint-Amand, 144-145.

Ces témoignages ne laissaient point Napoléon insensible: il appréciait les prévenances, quand elles lui venaient de ces vieilles cours qui l'avaient jusqu'alors subi plutôt qu'accepté dans la famille des rois. Satisfait de l'Autriche, il ne voulut point demeurer avec elle en reste de procédés. En attendant qu'il pût recevoir et fêter l'archiduchesse, il se mit à distinguer de toutes manières les représentants attitrés ou officieux que l'Autriche avait auprès de lui, c'est-à-dire le prince de Schwartzenberg et la comtesse de Metternich. Il voulut désormais que l'ambassadeur le suivît à la chasse, faveur exceptionnellement enviée. Aux Tuileries, Schwartzenberg et madame de Metternich furent admis aux réunions intimes, aux cercles tenus dans les petits appartements, introduits en quelque sorte dans l'intérieur de la famille: là, Napoléon les questionnait sur sa fiancée, lisait avec eux les lettres reçues de Vienne, les traitait moins en étrangers revêtus d'un caractère honorable qu'en personnes de sa familiarité et de sa confiance. [420]

[Note 420: ][ (retour) ] Champagny à Otto, 4 mars 1810, Helfert, 107.