J'ai fait sortir ma flotte de Brest. J'avois pour but de faire débloquer Lorient, afin d'en faire sortir cinq vaisseaux que j'envoye dans les colonies. Cette première opération a réussi. Secondement, la flotte devoit se rendre à Rochefort pour se joindre à l'escadre de l'isle d'Aix et s'emparer de quatre vaisseaux anglais qui avoient eu la sottise de venir mouiller dans la rade du Pertuis-Breton. Mon imbécile de contre-amiral s'est amusé à chasser quatre vaisseaux ennemis qu'il a rencontrés sur sa route, ce qui a donné aux quatre autres vaisseaux qui étoient à l'ancre le tems d'être avertis et de gagner le large. On ne les a manqués que de quelques heures, et leur prise eût été infaillible sans cette perte de tems; mais la jonction a eu lieu à l'isle d'Aix, et j'y ai 16 vaisseaux de ligne et 5 frégates. Si le camp de Boulogne avoit été formé, si j'avois eu 16,000 hommes à Brest et 30,000 à Toulon, je donnois de la besogne aux Anglais: c'est ce que j'espérois de mon alliance avec la Russie.
Vous avez vu dans le Moniteur deux lettres du gazetier de Vienne au rédacteur de la Gazette de Hambourg. Ces lettres paroissent peu importantes au premier abord; mais, pour les hommes qui veulent réfléchir, c'est une manière de correspondre avec l'Angleterre et d'entretenir les espérances des ennemis de la France en étalant les forces de la Maison d'Autriche.--On y parle des dispositions peu favorables de la Russie, parce qu'on sait qu'il ne seroit pas possible d'en imposer à cet égard, et qu'en avouant sans détour son alliance avec la France, on veut persuader que l'Autriche est en état de soutenir la lutte contre ces deux empires.--L'Autriche doit désarmer tout à fait et se contenter de nos garanties réciproques, ainsi que M. de Romanzoff l'avoit proposé.--Quant aux provinces de cette monarchie vaincue, je n'en veux rien pour moi: nous en ferons ce que nous jugerons convenable. On pourroit séparer les trois couronnes de l'empire d'Autriche, ce qui seroit également avantageux à la France et à la Russie, puisque cette opération affoibliroit en même tems la Hongrie, qui menace la Pologne, le royaume de Bohême, qui jalousera longtems les pays de la Confédération, et l'Autriche, qui regrette sa domination sur l'Italie. Quant à la crainte qu'on pourroit inspirer de moi à la Russie, ne sommes-nous pas séparés par la Prusse, à qui j'ai rendu intactes des places que je pouvois démanteler, et ne sommes-nous pas aussi séparés par les États de l'Autriche?--Lorsque ces derniers États auront été ainsi divisés, nous pourrons diminuer le nombre de nos troupes, substituer à ces levées générales qui tendent à armer jusqu'aux femmes un petit nombre de troupes régulières et changer ainsi le système des grandes armées qu'a introduit le feu roi de Prusse. Les casernes deviendront des dépôts de mendicité, et les conscrits resteront au labourage.--La Prusse en est déjà là: il faut en faire autant de l'Autriche. Quant à l'exécution, je me charge de tout, soit que l'empereur Alexandre veuille venir me joindre à Dresde à la tête de 40,000 hommes, soit qu'il marche directement sur Vienne avec 60 ou 80,000 hommes. Dans toutes les hypothèses, je me charge de faire les trois quarts du chemin.--Si les choses en venoient au point que vous eussiez besoin de signer quelque chose de relatif à la séparation des trois États, vous pouvez vous y regarder comme suffisamment autorisé.--Si l'on veut même après la conquête garantir l'intégrité de la Monarchie, j'y souscrirai également, pourvu qu'elle soit entièrement désarmée. J'ai été de bonne foi à Vienne, je pouvois démembrer l'Autriche. J'ai cru aux promesses de l'Empereur et à l'efficacité de la leçon qu'il avoit reçue. J'ai pensé qu'il me laisseroit me livrer entièrement à la guerre maritime. L'expérience, depuis trois ans, m'a prouvé que je me suis trompé, que la raison et la politique ne peuvent rien contre la passion et l'amour-propre humilié. Il seroit possible que la Pologne autrichienne pût devenir un objet d'inquiétude à Saint-Pétersbourg, mais elle n'est un obstacle à rien.--On pourroit la partager entre la Russie et la Saxe, ou bien en former un État indépendant.--L'empereur Alexandre doit être convaincu par la déclaration du roi d'Angleterre que, tant qu'il aura l'espoir de brouiller le continent, il n'y aura point de paix maritime, et que si l'Autriche ne consent pas à désarmer et qu'on perde du tems, c'est autant de tems de gagné pour l'Angleterre et de perdu pour l'Europe. Cependant un, deux ou trois mois me sont égaux; mes troupes resteront campées en Allemagne jusqu'à ce que mon concert avec la Russie soit bien établi.--Nous sommes encore dans le mois de mars: on peut parlementer jusqu'au mois d'août; mais à cette époque il faut que l'Autriche ait pris son parti ou qu'on l'y force. L'honneur de nos couronnes l'exige, et l'intérêt du monde nous en fait la loi. Sur ce, je prie Dieu, etc.
À Malmaison, le 21 mars 1809.
M. de Caulaincourt, j'ai reçu votre lettre du 28 février avec les pièces qui y étoient jointes. Plusieurs courriers de M. de Champagny ont dû vous porter le résumé de la conversation de ce ministre avec M. de Metternich et la copie de la note qu'il lui a passée quelques jours après.--Voici la situation des choses dans ce moment. L'Autriche a reçu de l'argent par Trieste: cet argent ne peut venir que d'Angleterre; l'Autriche fomente la Turquie: elle a couvert de ses troupes la Bohême, l'Inn, la Carinthie, la Carniole. Il est impossible que l'Empereur ne soit pas instruit par Vienne de toutes les folies qu'on fait en Autriche. M. de Champagny vous envoie la copie en allemand de la proclamation du prince Charles, qui équivaut à une déclaration de guerre. Cependant le langage de M. de Metternich est toujours paisible, et il n'a encore fait aucune déclaration. Des agens subalternes ayant sondé le cabinet de Vienne pour savoir s'il y auroit quelque chose à craindre pour la Maison régnante de Saxe, la guerre venant à être déclarée, au lieu de répondre qu'il n'y avoit pas de sujet de guerre, on s'est empressé d'assurer que le roi de Saxe et sa famille n'avoient rien à redouter et qu'ils seroient respectés. Vous voyez que depuis le 28 février les choses ont beaucoup empiré. M. de Romanzoff doit être arrivé depuis longtemps à Saint-Pétersbourg. Il y aura apporté une opinion conforme à la mienne. Je ne pense pas à attaquer; mais, dans la circonstance actuelle, je crois qu'il est important de prendre des mesures pour que les troupes russes fassent un mouvement et que le chargé d'affaires russe à Vienne soit rappelé si les Autrichiens dépassent leurs frontières. Il faut que cet ordre soit connu de M. de Schwartzenberg et qu'il soit notifié à Vienne. Le Ministère autrichien est persuadé que la Russie ne fera rien et qu'elle restera neutre dans cette guerre, quand même elle la déclareroit. Vous sentez combien cela seroit contraire à l'honneur de la Russie et funeste à la cause commune.--Voici ma position militaire: L'armée saxonne est réunie autour de Dresde et le prince de Ponte-Corvo doit y être rendu pour en prendre le commandement. Le duc d'Auerstædt à son quartier général à Würtzbourg, et son corps d'armée occupe Bayreuth, Nuremberg, Bamberg. Le corps d'Oudinot est sur le Lech. Le duc de Rivoli a son corps cantonné autour d'Ulm. Les Wurtembergeois sont à Neresheim. Les Bavarois sont à Munich, Straubing et Landshut. Le général du génie Chambarlhac est à Nassau, où il fait une tête de pont pour assurer le passage de l'Inn. On travaille à fortifier les places de Kuffstein, Cronach, Pforzheim. Les Polonais doivent se réunir sous Varsovie et le long de la Pilica. Les dépôts se remplissent de tous côtés. Aucune communication officielle n'est faite ici, et il n'y a encore rien de raisonnable d'imprimé, parce qu'on se tait jusqu'au dernier moment. L'opinion du Sr Dodun, mon chargé d'affaires à Vienne, et de la plupart des personnes qui sont dans cette ville, est que l'Autriche sera entraînée outre mesure et qu'il n'est plus en son pouvoir de s'arrêter, et que si la guerre peut être évitée, ce n'est que par l'aspect formidable des forces de la Russie, qui ôte à ces gens-là jusques à l'idée de la possibilité d'une chance en leur faveur. Un général autrichien s'est embarqué à Trieste pour aller à Londres concerter les opérations. Dans cette situation de choses, il faut prévoir deux cas: 1° Si l'Autriche attaque, il n'y a pas de note à faire; le chargé d'affaires russe doit quitter Vienne et les troupes russes entrer sur-le-champ en Galicie et menacer d'attaquer la Hongrie, pour contenir ce côté-là. S'il falloit juger par sa raison, tout porte à penser que l'Autriche n'attaquera pas légèrement, voyant le nombre de troupes françaises qui inondent l'Allemagne et qu'elle ne croyoit pas voir revenir si promptement. Cependant, ce cas, il faut le prévoir, et envoyer des instructions aux agens respectifs à Vienne. L'idée que la légation russe partira sur-le-champ peut être une raison de retenir l'humeur guerrière de la faction qui domine. Le second cas, c'est que les choses restent dans la situation actuelle pendant les mois d'avril et mai, et qu'on puisse pendant cet intervalle négocier. Dans ce cas, la note que propose de remettre l'empereur de Russie me paraît bonne. Sur ce, je prie Dieu, etc.
À Paris, ce 24 mars 1809.
M. de Caulaincourt, un courrier de M. de Champagny vous aura porté la nouvelle de l'attentat commis par l'Autriche. Vous aurez vu également la proclamation du prince Charles. Les mouvemens à Trieste et partout sont les mêmes. On appelle à grands cris la guerre. Les événemens marchent plus vite qu'on ne le croit à Saint-Pétersbourg. Vous ne me dites pas où sont les troupes russes. Si la Russie ne marche pas, j'aurai seul l'Autriche sur les bras et même les Bosniaques. Je l'ai dit suffisamment à M. de Romanzoff. Les Anglais ont compté sur l'Autriche et sur la Turquie et sur l'emploi de mes troupes en Espagne et de celles de l'empereur de Russie en Finlande et en Turquie pour nous braver. C'est le moment de faire voir le contraire.--Je considère le Sr Dodun comme prisonnier à Vienne; je n'ai appris qu'hier à 4 heures après midi l'arrestation de son courrier à Braunau. J'ai fait dire sur-le-champ à M. de Metternich que je n'avois pas (mot illisible). Il me seroit impossible de le voir. J'ai ordonné des représailles contre les courriers autrichiens et que leurs dépêches fussent arrêtées jusqu'à ce que les miennes soyent rendues. Je n'avois pas cru à un attentat si imprévu, et je n'avois fait partir ni ma garde ni mes bagages. Mais ce matin je me suis hâté de faire partir la cavalerie et l'artillerie de ma garde et mes équipages de guerre. Il n'y a cependant rien de changé à la position de mes troupes. Je ne veux point attaquer que je n'aie des nouvelles de vous; mais tout me porte à penser que l'Autriche attaquera. Faudra-t-il que le résultat de notre alliance soit que j'aie seul toute l'Autriche à combattre et de plus quelques milliers de Bosniaques? L'Empereur voudra-t-il que le résultat de son alliance soit de n'être d'aucun poids et d'aucune utilité pour la cause commune? Quant aux moyens, il me semble que l'Empereur a des troupes inutiles sur les confins de la Transylvanie, à Pétersbourg et du côté de la Galicie. Tout plan est bon, pourvu qu'il occupe une partie des forces autrichiennes. Je vous ai écrit il y a quelques jours là-dessus. L'Empereur veut-il m'envoyer un corps auxiliaire? Je me charge de le nourrir. Qu'il lui fasse passer la Vistule entre Varsovie et Thorn, et qu'il l'approche de Dresde. Veut-il entrer en Galicie ou en Transylvanie? Qu'il fasse marcher les troupes qu'il a de ce côté. Pourquoi ne gêneroit-il pas les communications avec l'Autriche et ne soumettroit-il pas ce pays à l'état de malaise où nous sommes, l'Autriche et moi? Cette disposition de la Russie pourroit l'effrayer.--La note de l'Empereur me paraît bonne. S'il la fait remettre à M. de Schwartzenberg, vous pourrez en remettre une pareille. Que l'Autriche désarme, et je suis content; mais elle paroît décidée. La proclamation du prince Charles du 9 mars est postérieure de huit jours à la réception de M. Schwartzenberg. Les nouvelles que j'ai d'Angleterre sont positives: on est à Londres dans la joye. Des agens autrichiens ont déjà insurgé quelques communes du Tyrol. Le ministre de la Porte à Paris a reçu ordre de correspondre avec la légation autrichienne et d'écrire par son canal. Les propos du public en Autriche doivent être connus à Saint-Pétersbourg comme ils le sont ici. Si quelque chose, je le répète, peut encore prévenir la guerre, ce dont je commence à douter, car les Autrichiens ont perdu la tête, c'est: 1º que la Russie se mette en demi-état d'hostilité avec eux, c'est-à-dire marche sur les frontières de Transylvanie et de Galicie; et si elle veut mettre un corps à ma solde, qu'elle l'envoye dans le duché de Varsovie: dans ce cas vous ne le feriez pas passer par Varsovie; 2º que quelques articles soyent mis dans les journaux de Pétersbourg sur les proclamations du prince Charles et sur les articles de la Gazette de Pétersbourg relatifs à la Turquie; 3º que les Autrichiens commencent à être gênés et maltraités dans les États russes. Cela se répandra dans la monarchie et fera voir qu'on ne veut point de la guerre. Si quelque chose peut-être est capable d'empêcher un éclat, ce sont ces mesures.--Le langage des chargés d'affaires respectifs doit être qu'ils ont l'ordre de quitter Vienne si l'Autriche commet la moindre hostilité: mais peut-être ces mesures sont-elles trop tardives. Vous pensez bien que je n'ai peur de rien. Cependant, après avoir perdu l'alliance de la Turquie, après m'être attiré cette guerre avec l'Autriche pour la conférence d'Erfurt, après que mon étroite alliance avec la Russie a détaché du parti de la France le prince Charles, ennemi déclaré des Russes, j'ai droit de m'attendre que, pour le bien de cette alliance et pour le repos du monde, la Russie agisse vertement.--Mes armées d'Italie seront toutes campées au 1er avril, et à la même époque mes armées d'Allemagne seront en mesure. Je vous laisse les plus grands pouvoirs. Si l'Empereur veut m'envoyer 4 bonnes divisions formant 45 à 60,000 hommes, qu'il les mette en marche et qu'il fasse connoître en même temps que, l'Autriche continuant de menacer, il m'envoye ce secours. Cela glacera d'effroi l'Autriche et l'Angleterre. On verra que l'alliance est réelle et non simulée. Si l'Empereur lui-même veut agir avec ses armées, il en a les moyens. En passant par la Galicie, il sera bientôt à Olmütz. Là, son armée vivra bien, se ravitaillera, et menacera de près l'Autriche en faisant une puissante diversion qui l'obligera à porter 60,000 hommes de ce côté. Par la Transylvanie, il peut menacer la Hongrie et tenir en échec l'insurrection hongroise. Si nous sommes sérieusement unis, nous ferons ce que nous voudrons. Vous êtes autorisé à signer toute espèce de traité ou convention qu'on voudra proposer. Si la Galicie est conquise, l'Empereur peut en garder la moitié, et l'autre moitié peut être donnée au duché de Varsovie. Enfin je ne veux point d'agrandissement. Je ne veux que la paix maritime, et l'Autriche armée est un obstacle à cette paix.--En résumé, tout est en apparence de guerre entre l'Autriche et moi, et cette apparence est publique; la même apparence doit exister entre la Russie et l'Autriche. Mes armées sont prêtes à marcher; les armées russes doivent être prêtes également à marcher.--La voix de M. de Romanzoff à Vienne ne produiroit rien. On y dit avec le plus grand sang-froid que les Russes sont occupés en Turquie, en Finlande et en Suède, et que mes armées sont occupées en Espagne et à Corfou. C'est sur ces chimères qu'ils bâtissent des succès; égarement qui fait hausser les épaules aux hommes qui raisonnent. De notre côté aussi il faut nous remuer. Je ne puis rien vous dire de plus; vous comprenez aussi bien que moi la position des choses. Dites à M. de Romanzoff que vous êtes autorisé à signer une note et à la remettre de concert. Je partage le sentiment de l'Empereur et suis de l'avis de la note qu'il veut faire présenter. Mais rien n'est efficace s'il ne prend une attitude haute et sérieuse. L'irritation par suite de l'arrestation du courrier est générale ici et ne peut s'exprimer. Sur ce, je prie Dieu, etc.
Paris, le 9 avril 1809.
M. de Caulaincourt, je reçois vos lettres des 22 et 23 mars. Je suis fort aise de ce que vous me mandez des dispositions de la Russie et surtout de M. Romanzoff. Champagny vous envoye un courrier pour vous faire connoître la situation des choses. Les Autrichiens, après s'être rassemblés en Bohême, sont revenus sur Salzbourg. Ils rétrogradent aujourd'hui sur Wels. Ils sont fort surpris de la force de mes armées, à laquelle ils ne s'attendoient pas. Effectivement, soit en Dalmatie, soit en Italie, soit sur le Rhin, je leur opposerai 400,000 hommes. Tout est en état. Le prince de Neuchâtel est au quartier général. Daru, tout le monde est à l'armée. Une partie de ma garde et mes chevaux sont arrivés il y a deux jours à Strasbourg. L'autre partie est ici ou arrive d'Espagne. J'ai augmenté ma garde de deux régiments de tirailleurs et de quatre régiments de conscrits. Je vous ai écrit par ma lettre du 24 mars que si l'Empereur vouloit m'envoyer trois ou quatre divisions, du moment qu'elles auroient passé la Vistule je me chargerais de leur nourriture et de leur entretien; que, s'il veut agir isolément, il fasse marcher un corps de troupes sur la Galicie. Un aide de camp du duc de Sudermanie arrive demain à Paris. Je vous expédierai dans quelques jours un nouveau courrier. J'attends d'attendre l'effet qu'aura fait la révolution de Suède en Russie. Je vous envoyé l'ordre que j'ai donné au commandant de l'escadre russe à Trieste.
Paris, le 10 avril 1809 [669].
M. de Caulaincourt, il résulte des mouvemens des Autrichiens et des lettres que j'ai interceptées qu'ils commenceront les hostilités au plus tard du 15 au 20. Le prince Kourakine m'a remis ce matin la lettre de l'Empereur. J'ai reçu du duc de Sudermanie une lettre que j'ai montrée à Kourakine. J'attendrai pour lui répondre si je recevrai encore des nouvelles de Russie. Toutefois ma réponse sera vague. Champagny vous écrit plus en détail. Si l'Empereur ne se presse pas d'entrer en pays ennemi, il ne sera d'aucune utilité. Ses généraux seront prévenus du moment où les hostilités auront commencé, quoique je pense que vous en serez instruit avant par le chargé d'affaires russe à Vienne. Il paraît par les lettres interceptées que l'empereur d'Autriche se rend lui-même à un quartier général, probablement à Salzbourg.