Je dépense cinq sous pour un traité de Luther, un sou pour la condamnation de cet homme courageux, un sou pour un chapelet et deux [ CXIV] [ CXV] sous pour une ceinture. J'offre à Léonard Groland ma grande corne de bœuf, et mon chapelet en bois de cèdre à Hans Ebner. J'achète une paire de souliers pour six sous et une petite tête de mort pour deux sous. Je donne un sou pour de la bière et du pain, deux sous au barbier, à Ziegler Linhart des gravures pour deux florins, et deux sous à celui qui m'a laissé voir le tableau de maître Stephanus[ [90]. Je dépense deux sous avec des camarades et un sou pour un petit traité. Je fais le portrait de la sœur de Gott-Schalken. Le dimanche soir après la Toussaint, je suis encore à Cologne et j'assiste au bal[ [91] et au festin donnés par l'empereur Charles; c'est fort beau. Je dessine l'écusson de Staber, et j'offre à un jeune comte de Cologne une Mélancolie et au duc Frédéric ma nouvelle Vierge. Je fais au charbon le portrait de Nicolas Haller et je donne deux sous au portier, trois sous pour deux petits traités et dix sous pour une corne de vache.
A Cologne, je visite l'église de Sainte-Ursule ainsi que son tombeau; je vois les statues des vierges et aussi celles des saints. Je dessine au fusain le portrait de Forherwerger, et je donne à la femme de Nicolas huit sous parce qu'elle m'a offert l'hospitalité.
J'ai séjourné huit jours à Bruxelles, trois semaines à Aix, quatorze jours à Cologne, et ces trois messieurs de l'ambassade de Nuremberg, Léonard Groland, Hans Ebner et Nicolas Haller, m'ont constamment hébergé. J'ai fait des portraits chez les nonnes pour sept sous et leur ai offert trois demi-feuilles de gravures sur cuivre.
Le lundi après la Saint-Martin, ces messieurs de l'ambassade de Nuremberg m'apprennent qu'ils viennent d'obtenir pour moi le titre de peintre de la cour de l'empereur Charles[ [92].
Dorfer m'invite une fois chez Staber et une autre fois chez le vieux Wolfgang. Je dîne aussi chez mon cousin Nicolas; j'offre un florin à sa femme, deux liards à sa petite fille, sept sous à la servante et un saint Eustache à son domestique, car je leur ai donné beaucoup de mal à tous.
Le mercredi de la Saint-Martin, après avoir acheté une petite tête de mort en ivoire pour un florin, et une paire de souliers pour sept sous, je remonte de bonne heure le Rhin avec le bateau de Cologne; nous arrivons à Zons, de là à Neus et puis à Stain, où nous passons la nuit pour deux sous. Le lendemain, nous voyons Keizerswerth, Duisburg, Orson et nous couchons à Rheinberg pour six sous. De là nous allons à Wezel, à Rees, à Entmerich, à Thomas et enfin à Nimègue, où on nous donne un mauvais lit pour quatre sous. Le lendemain, nous partons pour Thiel, Pust et Entmerich, où je m'arrête un moment. J'y fais un bon dîner pour trois sous. Je profite d'un grand coup de vent qui nous empêche de continuer notre route pour dessiner le portrait d'un compagnon orfévre d'Anvers, nommé Pierre Federmacher, une tête de femme et un croquis d'après l'aubergiste.
C'est seulement le dimanche que nous arrivons à Nimègue. Je donne vingt sous au batelier.
Nimègue est une jolie ville qui possède une belle église et un château fort bien situé.
A Thiel, sur le Waal, nous quittons le Rhin pour remonter la Meuse; nous arrivons à Terveer, où il y a deux tours, nous y passons la nuit et je dépense sept sous.