Et tous trois partirent au galop.
—Cela va bien jusqu'à présent, pensait tout bas le prince, espérons que la suite de l'aventure ne démentira point le commencement.
—Merci, merci, mon brave Bussy, murmurait tout bas le prince à son camarade de droite, enveloppé jusqu'au nez dans un grand manteau brun.
—Piquez, répondait celui-ci du fond de son manteau.
Et, lui-même donnant l'exemple, les trois chevaux et les trois cavaliers passaient comme des ombres.
On arriva ainsi au grand fossé de la Bastille, que l'on traversa sur un pont improvisé la veille par les ligueurs, qui, ne voulant pas que leurs communications fussent interrompues avec leurs amis, avaient avisé à ce moyen, qui facilitait, comme on le voit, les relations.
Les trois cavaliers se dirigèrent vers Charenton. Le cheval du prince semblait avoir des ailes.
Tout à coup le compagnon de droite sauta le fossé, et se lança dans la forêt de Vincennes, en disant avec son laconisme ordinaire ce seul mot au prince:
—Venez.
Le compagnon de gauche en fit autant, mais sans parler. Depuis le moment du départ, pas une parole n'était sortie de la bouche de celui-ci.