—Ainsi, demanda Monsoreau, vous êtes résolu à subir toutes les conséquences de votre attachement au duc d'Anjou?

—Oui.

—Vous savez où cela vous entraîne, peut-être?

—Je sais où je compte m'arrêter; quelque motif que j'aie de me plaindre du roi, jamais je ne lèverai la main sur l'oint du Seigneur; je laisserai faire les autres, et je suivrai, sans frapper et sans provoquer personne, M. le duc d'Anjou, afin de le défendre en cas de péril.

M. de Monsoreau réfléchit un instant, et, posant sa main sur l'épaule de Bussy:

—Cher comte, lui dit-il, le duc d'Anjou est un perfide, un lâche, un traître, capable, sur une jalousie ou une crainte, de sacrifier son serviteur le plus fidèle, son ami le plus dévoué; cher comte, abandonnez-le, suivez le conseil d'un ami, allez passer la journée de demain dans votre petite maison de Vincennes, allez où vous voudrez, mais n'allez pas à la procession de la Fête-Dieu.

Bussy le regarda fixement.

—Mais pourquoi suivez-vous le duc d'Anjou vous-même? répliqua-t-il.

—Parce que, pour des choses qui intéressent mon honneur, répondit le comte, j'ai besoin de lui quelque temps encore.

—Eh bien, c'est comme moi, dit Bussy; pour des choses qui intéressent aussi mon honneur, je suivrai le duc.